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L'histoire à l'ère de la vitesse.

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Notre époque semble obsédé par la technologie synonyme de vitesse, de l'urgence au point que nous avons le sentiment que nous somme prise de vitesse et que nous manquons de repères historiques. La vitesse n'est plus la mesure du déplacement mais du présent. La perte de la représentation du futur donne le sentiment d'une accélération de l'histoire.

Les moyens modernes des transports comme les chemins de fer, l'aviation et les autoroutes ont permis de compresser l'espace pour laisser plus de temps. Or ce temps « Naturel » pour reprendre la définition des Modernes s'est transformé en loisir de consommation et a créé une nouvelle division sociale du travail et un nouveau rythme des processus de production industrielle. Le salarié est aussi soumis au culte de l'urgence ce qui génère un stress au travail, le « présentisme » pour reprendre le terme utilisé par Pierre-André TAGUIEFF dans son essai intitulé : L'Effacement de l'avenir, Edition Galilée, 2000 ou une " Société stressée" par Jean-Marc Salmon « Un monde à grande vitesse - globalisation, mode d'emploi », Edition Seuil

La technologie informatique, radiophonique et télévisuelle nous donne l'impression de vivre au rythme de l'immédiateté. L'histoire se fait en temps réel. Le consommateur d'images est sollicité et à la fois immergé dans un flux d'événements et d'informations constants provoquant ainsi une perte d'attention et un manque de concentration. L'effet du zapping est symptomatique de mode de pensée. Les médias ont radicalement changés notre façon d'intégrer l'histoire d'un événement médiatique. Ils se soucient plus de relater un fait qui se passe en ce moment que de nous expliquer son origine. L'exemple de l'affaire Jean-Pierre Treiber et de sa cavale a pris plus d'importance que sur l'enquête de l'affaire de la famille GIRAUD. A force de vouloir chercher à faire de l'audimat et de la sensation, un glissement sémantique s'est opéré au point de confondre un événement alimenté par des flashes infos et du direct et l'histoire d'une enquête fastidieuse toujours en cours. Clique sur lire la suite...

Le mouvement écologique créé aussi une nouvelle temporalité sous la menace de la pollution, les variations climatologiques et les prévisions de réchauffement. Les discours scientifiques alimentés par leurs débats contradictoires et politiques sur la menace perpétuelle du chaos météorologique et des espèces en voie de disparition nous incitent à croire que le ciel va nous tomber sur la tête et nous préfigure une fin tragique.

A force de vivre dans l'immédiateté, nous avons le sentiment que « l'histoire n'attend plus l'historien : il trace une ligne ; elle emporte un monde » pour reprendre une citation de Chateaubriand, Préface aux Études ou Discours historiques.  Nous constatons que notre époque traverse une crise de l'avenir, nous manquons de projet à long terme. Notre génération est nostalgique d'un passé rassurant, notre quotidien est désynchronisé. Les institutions traditionnelles qui garantissaient la cohésion sociale comme l'église, l'armée, la république, l'école ont perdu leur fonction symbolique d'intégration. La science n'est plus porteuse d'avenir radieux. Les inquiétudes de la génétique, la peur du nucléaire, le réchauffement de la planète ont remis en cause la foi du discours scientifique ainsi que les courants philosophiques comme le positivisme et l'idée du progrès de l'histoire. Après la guerre froide, nous avons assisté à la fin de l'économie paysanne qui était structurée autour d'une régularisation des cycles naturels mais le besoin du rendement et du bas prix ont laissé place à l'industrie agro-alimentaire et aux caprices du marché. Délaissant le mode production de leurs prédécesseurs, les agriculteurs sont soumis au rendement industriel au non de la vertu du productivisme.

Curieusement, l'idée du catastrophisme refait surface dans différents domaines comme le cinéma, l'écologie, l'économie, le terrorisme etc. Au delà de son discours idéologique sur les enjeux inquiétants de la technologie et du dérèglement du climat, ne doit-on pas voir une nouvelle façon de se projeter dans l'avenir face à notre destin tragique mais dont la cause ne serait plus divine mais humaine. Peut-être un retour du sacré.

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