mai 20, 2010
En direct de Bangkok.
Un spécial Radio Shaker avec une entrevue dédiée à Cyrille Andres vivant actuellement à Bangkok. Avec un groupe d'amis nous vivons au quotidien via les mails de Cyrille le conflit des chemises rouges en Thaïlande. Dernièrement Cyrille Andres s'est retrouvé au coeur de l'actualité avec l'assassinat d'un des leader de l'opposition Seh Daeng. En fin de note clique sur "Lire la suite"... bah oui !
Cyrille tu viens de poser tes valises en Thaïlande à Bangkok depuis plus d'un an. Professionnel dans la programmation informatique tu ne pensais pas te retrouver au cœur d'un conflit national. Peux-tu en quelques lignes nous résumer l'origine de cette querelle ?.
L'origine de ce conflit vient du fait que l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra a été écarté du pouvoir en 2006 par un coup d'état. Celui-ci grâce a des mesures que certains appellent populistes (réduction des frais médicaux pour les pauvres, micro-credit), s'est fait aimer des gens pauvres, qui sont pour la plupart regroupes dans le Nord-Est du pays.
Armé de ton appareil numérique tu as commencé à foncer sur le terrain pour réaliser des photos des manifestants, afin de les diffuser sur ton site et auprès de tes contacts, mais au travers de tous ces clichés avais tu une envie particulière dans la diffusion ?
La photo a depuis longtemps été une passion pour moi. Bangkok est une place idéale pour faire de la photo de rue (les couleurs, les gens se laissant photographier facilement, des scènes impossibles à voir dans les pays occidentaux), que j'affectionne particulièrement. Je comptais déjà effectivement (en constituant mon portfolio) diffuser mes photos, mais je ne savais pas encore par quel medium. J'avoue que le reportage et la couverture d'événements m'attire de plus en plus
Dernièrement tu t'es retrouvé dans l'actualité chaude du moment, en raison de tes portraits d'un des leaders des chemises rouges, Seh Daeng, malheureusement tué par balles dernièrement. Présent lorsque la balle d'un sniper est venu le frapper peux-tu nous raconter cette rencontre et la peur qui a pu t'envahir ?
Seh Daeng faisait quotidiennement une ronde autour des barricades des rouges et parader avec "l'armée" des chemises rouges, qu'on appelle aussi les "Black Guards" car ils se différencient des protestants "normaux" et s'habillent de noir. Lors de sa tournée quotidienne du 13 mai, de nombreux journalistes et reporters étaient présents et en ont profité pour l'interviewer, près de l'entrée d'une station de métro à cote du Parc Lumphini, dans l'enceinte-même du camp des rouges.
Cela faisait au moins une heure qu'il répondait aux questions et beaucoup de journalistes, une fois leurs images/déclarations enregistrées, étaient déjà partis. Je décidai de rester encore un peu mais songeant à m'en aller d'une seconde a l'autre, car j'avais aussi pris mes clichés. Sur le point de partir, j'ai entendu un sifflement dans mon oreille gauche, un bruit que je n'avais jamais entendu auparavant. Lorsque 5 secondes plus tard les gens se sont mis à courir et à crier "Seh Daeng Seh Daeng!!!" j'ai compris qu'il s'agissait en fait d'une balle de sniper. J'ai sauté du mur sur lequel je me trouvais et couru à l'abri. Ne voyant pas de ripostes, je suis retourne rapidement sur les lieux prendre des clichés, étonnamment vide de journalistes. J'ai donc pu prendre une vingtaine de cliches sans personne devant moi et sans avoir à me battre comme les fois précédentes.
Une partie de tes sublimes photos sont actuellement disponible chez Reuters (Reuters distribuant les clichés pour les journaux), comment as-tu réussi à négocier ce contact toi qui n'est pas professionnel, et aujourd'hui comment sont distribués tes clichés ?.
Merci à David Rault qui t'as confectionne ton superbe header :) Il a appelé ces agences pour moi, alors que je n'espérais rien car mes négociations avec les journaux Thaï avaient échoué.
Depuis quelques jours les médias s'intéressent un peu plus au conflit, vas-tu continuer à couvrir l'événement malgré les risques ?
Je n'y suis pas retourne depuis le 14 mai mais je pense y retourner demain en évitant les zones couvertes par les snipers.
Pour finir as-tu un souvenir marquant de ces derniers mois, ou tu as arpenté les rues de Bangkok ?
Evidemment mes souvenirs marquants datent de ces dernières semaines, je n'oublierai jamais cette balle me frôlant l'oreille et ces grenades qui explosent à en faire trembler le sol.
Un grand merci à Cyrille de m'avoir accordé un moment pour cette entrevue.. et Dude au passage fais gaffe je tiens à toi ;)
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Commentaires
Écrit par : Californiagirl | mai 20, 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cyril® | mai 20, 2010
Écrit par : Cityzen kane | mai 20, 2010
Répondre à ce commentaireSouhaitez-moi bonne chance j'y retourne demain.
Écrit par : Cyrille | mai 20, 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cyril® | mai 20, 2010
Écrit par : Cyrille | mai 20, 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cyril® | mai 20, 2010
Écrit par : Cyrille | mai 20, 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cyril® | mai 21, 2010
Écrit par : Elora | mai 21, 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cyril® | mai 21, 2010
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