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Shake les mots de Lisianne [contribution]. - Page 4

  • Les chroniques de Lisianne #11. Ephémère.

    Il m’arrive souvent d’imaginer la vie des gens dans la rue. Au détour d’une rue, un regard, des habits, un comportement. J’imagine la vie, une situation, un endroit. La plupart du temps je dois me tromper, mais ce n’est pas très grave.

    Ce matin il m’est arrivé d’imaginer cela en la croisant. Elle pleurait, elle marchait vite, très vite, perchée sur mes talons j’ai même eu un mal fou à la suivre. J’étais en route pour rejoindre une amie mais je me devais de savoir, de la suivre, c’était viscérale, je ne me l’explique pas. Plus j’avançais et plus je pensais à mon amie qui allait devoir m’attendre mais j’étais comme aspirée par ce besoin de savoir où elle devait se rendre. Heureusement après 5 minutes elle s’arrête nette. Elle ne bouge plus. Elle pleure. Je balance mon petit bout de nez dans une vitrine, avec en alerte mon œil gauche qui ne la quittera pas.

    Elle avance de nouveau. Elle compose un code. Je vais la perdre. Ne jamais savoir où elle va se diriger, ne jamais savoir l’origine de sa peine. En  effet elle s’engouffre dans le hall, je fonce, la porte se referme devant moi. Je bloque sur l’interphone une bonne minute. Doucement je retourne sur mes pas en espérant la revoir.

    C’est fou cette réaction. Cette quête. Depuis ma séparation je dois l’avouer je ne suis pas très heureuse. Ma vie et mes rencontres sont éphémères finalement, l’amour et l’amitié aussi. Je n’ose pas y croire, les choses doivent perdurer, exister, je me refuse à n’être qu’un passage dans la vie des gens. Cela fait trop d’années que je ne suis qu’un passage, une étoile filante.

    Pour une fois je vais changer tout cela, je vais m’incruster, devenir un chewing gum, me coller, m’incruster et me graver au plus profond. Pour toujours, sans me projeter et sans promesses.

    [Lisianne/Leshaker]

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  • Les chroniques de Lisianne #10. La haut.

    s'envoler,frisson,passion,amour,aimer,desirer,chronique,le shaker de cyril,Regarder vers le même horizon, lointain, se serrer, partager, fermer les yeux, se sentir libre, se retrouver, s’envoler, faire des projets, mordiller une joue, sentir, frémir, s’etonner, aimer, se manquer, découvrir des frissons sur la peau, mettre des paillettes dans les yeux, avoir envie, se frôler, s’amuser, rigoler, délirer, voir la mer, profiter du temps qui passe, faire palpiter son cœur, être la haut, tout la haut, attendre, sentir le vent, attendre, s'impatienter, attendre… la haut.

    Et découvrir puis goûter.

    Je suis seule, seule mais heureuse.

    [Lisianne/Leshaker]

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  • Les chroniques de Lisianne #9. Soirée entre filles.

    soirée,filles,copines,rencontre,amant,amante,bon,coup,baiser,le shaker de cyril,question,chroniqueIl est tard et je rentre de soirée. Je ne sais pas si c’est- vraiment une bonne idée d’écrire cette note à l’instant, les idées se croisent et l’alcool encore présent. J’ai juste eu la joie ce soir de retrouver Sophie, ma grande copine, celle que je ne vois jamais, mais celle avec « qui-je-sais-que-je-suis-bien ».

    Autour de moi et Sophie ce soir, des filles, rien que des filles, des demoiselles, des madames, des petites, des grandes, des brunes et des blondes, une seule rousse, des jolies et des moins jolies, des jupes et des pantalons. Soirée sympathique, soirée parisienne dans un très bel appartement, je suis en general assez timide quand je suis avec des gens que je ne connais pas. Sophie était présente, c’est le plus important, il m’était facile de me glisser dans son regard et de ne parler qu’avec elle.

    Il est tard et je rentre de soirée, demain je dois me lever tôt, mon frère que je vois rarement vient me voir, mais je m’égare. J’ai levé la tête lors de cette soirée, je me suis interressée à la discussion, thème majeur « Les mecs », les aventures, les plus beaux, les plus performants, les unes et les autres racontent les histoires, racontent, racontent, racontent… j’écoute, j’aime bien cette distance, elle me permet de critiquer, de ne pas être sur cette scène. J’écoute les filles parler de l’intime. Et je suis surprise.

    Surprise, car en écoutant avec cette distance j’observe l’absence de remise en question dans les déboires. Sexuellement c’est à l’identique. Connaissent-elles vraiment les hommes, l’homme, ses peurs, ses doutes, son fonctionnement, ses désirs ?.

    Pour le coup c’est de ma propre remise en question qu’il s’agit. Suis-je une bonne amante ?. Je vais encore mal dormir ce soir, ou simplement me dire qu’une princesse ne doit jamais se poser ce genre de question.

    [Lisianne/Leshaker]

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  • Les chroniques de Lisianne #8. Mr A.

    mr a,le shaker de cyril,lisianne,chronique,amour,tendresse,passé,enfanceC’est l’avantage de ma séparation, certainement le seul. En quittant Mr D. j’ai retrouvé Mr A. Ce cher A. est un ange, mon amour de jeunesse, un homme avec qui j’ai découvert mon corps, mes formes, l’amour, des joies et des peines, les choses de la vie.

    Un amour de jeunesse, un amour sincère, et Mr A. est toujours resté dans mes pensées. Il m’arrivait même de lui telephoner de temps en temps, mais avec le plaisir de l’entendre et de lui raconter ma petite vie.

    Dernièrement j’ai telephoné à Mr A. J’ai raconté ma vie, lui aussi, il savait que j’étais seul et sans Mr D. desormais. Ambiance-séduction-plaisir partagé-pulsion-désir-besoin-tendresse, un tableau sympathique se dressait devant moi. Très rapidement, Mr A. est rentré dans ma vie, un besoin d’exister dans ses bras, la nostalgie de notre jeunesse.

    Puis au fil de la rencontre, de nos désirs, des yeux dans les yeux, tous les deux nous savions que… que… la nostalgie, le passé, c’était notre étreinte. Mr A. m’a regardé, en me disant que nous ne nous aimions plus, plus comme ça, plus comme avant, que nous serions toujours important dans la vie l’un de l’autre, pour toujours.

    J’ai décidé de ne pas être triste, j’ai tout simplement de la chance.

    [Lisianne/Leshaker]

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  • Les chroniques de Lisianne #7. Seule.

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    J’ai tellement mal à la tête en ce moment. Un mal effroyable, puissant, pénible, un mal qui me suit chez moi au travail, dans mes loisirs, dans ma vie. Je n’ai jamais eu mal à la tête, jamais, pas une seule seconde, ou je ne m’en souviens plus.

    Encore une journée seule chez moi. Une journée de repos. Je ne suis bien et heureuse que dans une chambre d’hôtel finalement. Je ne suis bien que dans les lieux ou je ne reste pas. L’avantage de mon métier d’hotesse ce sont les hôtels, la seule chose que j’aime, découvrir un lieu, un lieu de transit, un lieu qui ne respire pas l’odeur de ma vie, un lieu qui ne témoigne de rien.

    Ici je n’ai que du passé, l’odeur de lui qui ne cesse de transpirer, son empreinte sur mes livres, mes murs, mon corps. L’humain est stupide, me voici malheureuse dans le choix d’avoir cessé cette union, de lui demander de partir, et pourtant, en y reflechissant  bien , il ne me manque pas vraiment.

    Seule chez moi, je suis pourtant belle, mon vernis posé, je suis même habillée. Un dernier regard autour de moi, je suis seule, c’est un choix.

    L’odeur de la liberté  à un prix que je découvre seulement. 

    [Lisianne/Leshaker]

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  • Les chroniques de Lisianne #6. J'ai passé un Speed Dating.

    speed,dating,rencontre,misère,amour,amoureuse,sympa,le shaker de cyril,chroniqueBref, j’ai passé un Speed Dating.

    C’était mardi. Ma copine Solène est venue me chercher. Elle est sympa Solène, blonde jeune et intrépide. On arrive. Une salle très grande, des gens, des filles, des garçons. Solène me dit :

    T’as déjà fais un Speed Dating ?

    Je lui dis :

    Ouiais ! (Enfin non, mais j’avais trop honte de dire oui).

    Elle  dit : 

    Bonne chance

    Moi je dis :

    Toi aussi

    Une cloche. Premier contact. A chier. Il est moche. Deuxième contact. C’est long et c’est chiant encore. Il parle, il parle. Il me dit :

     Tu fais quoi dans la vie ?

    Moi je dis :

    Je travaille chez Pinder.

    Il me dit :

    T’es marrante toi !

    Moi je dis rien et je me casse. Troisième rencontre, il est beau, il est grand, il est pas con (enfin j’imagine). Il dit rien. Moi non plus. Il griffonne un truc sur un bout de papier. Il me le donne. Il me dit :

    Tu lui donneras !

    Moi je dis :

    A qui ?

    Il me dit :

    A ta copine, la jolie blonde, t’es arrivée avec elle, j’aime bien, elle est sympa, mais je vais pas avoir le temps de la rencontrer. Tu  lui donneras hein ?!!!!

    Bref… j’ai passé un Speed Dating.

    Et 100% authentique.

    [Lisianne/Leshaker]

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  • Les chroniques de Lisianne #5. Je suis une fille sans saveur.

    monsieur-papa-1977-03-g.jpgC'est un exercice compliqué d'écrire. Je partais avec des envies, des désirs, je me retrouve sans rien, sans énergie, sans passion. Début de semaine par un coup de téléphone à Cyril, lui faire comprendre que je ne suis pas prête pour surmonter mes démons, que je suis pas une princesse forte comme je me définissais.

    Il m'invite à continuer. Il ne dit rien de plus, il me dit que c'est moi qui décide, que l'envie de partager et d'écrire c'est moi qui la contrôle, je dois donc m'inviter à continuer et me demander si ma motivation reste entière. Il m'interroge sur l'origine de ma déprime. Silence. je raccroche.

    J'avais tellement envie de donner un ton décalé à cette rubrique moi la "Fashion Girly From Paris", moi qui voyage, moi qui désire apprendre et comprendre, pleurer et rigoler, me voir heureuse et émotive.

    Bordel je suis toujours à fleur de peau il m'est impossible de me sortir de ce chemin sans fin. Et s'il avait raison, si je devais m'interroger sur l'origine de ma déprime, dépasser ma séparation qui n'est qu'un évenement dans ma vie. Et puis je dois quand même te faire rire, tu vas finir par penser que je suis une fille sans saveur... c'est déjà le cas, bon d'accord. Je m'envole.

    [Lisianne/Leshaker]

     

    PS - J'ai appris y'a deux ans que l'homme que je pensais être mon père n'est pas "mon père". L'origine de ma déprime... tu es au courant Cyril, et toi aussi derrière ton clavier.

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  • Les chroniques de Lisianne #4. Moi, une autre !

    fatôme,mystère,peur,puissance,néfaste,crainte,doute,le shaker de cyril,autreCette note je viens de l'écrire, elle vient ponctuer ma petite chronique que "généralement" j'écris bien en avance, avant de m'envoler vers des horizons lointains. Cette note remplace celle que tu devais lire.

    Musique à fond dans les oreilles, monter le son, déchirer l'espace, Kravitz dans les décibels, me souvenir de cet homme la semaine passée sans ses bagages, lui montrer son siège, discuter en lui présentant son repas, apprendre qu'il change de vie, se sépare, plaque tout, le destin me rattrape... . 

    Le son toujours à fond écrire cette note, frapper le clavier à la force du rythme, me souvenir, me persuader de ma rupture, savoir que j'ai fait le bon choix, l'envie aussi de partir, de tout plaquer, de changer de vie, une envie sans passer à l'action. Je suis étrangère à mon corps, je suis une autre, je dis n'importe quoi, ras le bol de tout ressentir +10 000, regretter mes gestes, mes attitudes, prendre du recul et me demander "qui je suis ?".

    Je me fais peur, terriblement peur, et si seulement je pouvais avoir la force de tout changer, tout recommencer, pour ne jamais regretter... le son à fond, Kravitz dans les oreilles, ça pulse au maximum, je ne vais rien relire, je sais aujourd'hui que mon métier d'hôtesse me correspond, je suis comme l'avion, je laisse une trace, qui s'efface, qui s'efface... .

    [Lisianne/Leshaker]

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  • Les chroniques de Lisianne #3. Moi et le 11 septembre.

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    Fruit du hasard il se trouve que la publication de ma note intervient le 11 septembre. Et entre le 11 septembre est moi le lien est fort, de part mon métier, moi l'hôtesse de l'air.

    Pourtant je ne voulais pas plomber l'ambiance, je devais te raconter ma semaine, celle de mon aller retour sur (justement) New York, le plaisir de mes reprises des vols longs-courrier, ma visite éclair sur le site de Ground Zéro, ma rencontre improbable dans l'aéroport Kennedy, et ma deception franche et directe lors de mon retour, une petite et légère deception amoureuse moi la fille à fleur de peau actuellement. Tu n'auras pas l'occasion de lire mes lignes concernant ma petite semaine mais je vais juste te propulser 10 ans en arrière, j'avais 25 ans, j'étais hôtesse, je débutais, et j'allais découvrir qu'un avion pouvait servir de bombe.

    Nous nous souvenons tous de ce que nous faisons le 11 septembre 2001. Il y' a 10 ans je venais de terminer tout juste ma formation dans une école de Genève ou mon frère habite. J'allais commencer mon apprentissage dans la compagnie dans laquelle je travaille actuellement (oui j'aime l'imobilisme !). J'étais chez mon frère, je venais de trouver un petit appartement parisien, je profitais d'une belle après-midi pour voir mes copines qui allaient me manquer.

    En début d'après midi je me souviens de lire mon mail et de découvrir un message de ma meilleure amie "ma belle je pense à toi, ne flippe pas !", je m'en souviens très bien.

    Ce n'est que le soir en rentrant, la télé que je vois au loin dans l'entrée, la fumée, l'horreur. Je crois bien n'avoir pas décollé du canapé un bon moment et de recevoir des messages de ma mère affolée (c'est encore le cas aujourd'hui).

    Cependant j'ai connu l'après 11 septembre, une nouvelle formation suite à cet attentat, des contrôles plus rigoureux et des passagers qui le comprennent mieux.

    Entre nous, nous n'en parlons jamais, mais j'ai conscience que cela reste en mémoire dans l'esprit du personnel naviguant. Puis comme dit ma mère pour se rassurer face à mon métier "ma chèrie en même temps l'avion c'est le moyen de transport le plus sûr".

    [Lisianne]

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  • Les chroniques de Lisianne #2. Le complexe du cinéma.

    princesses,cinéma,complexe,seule au cinéma,cycle,le shaker de cyril,sereine,solitudeA l'heure ou tu liras ces lignes (enfin si c'est le jour de la publication de cette note) je serais loin, très loin, et autant te dire que cette perpective me comble de joie. Ma direction à décidé de me proposer de nouveau la reprise des vols longs-courrier, que j'avais "stupidement" arrêtés pour me consacrer à ma vie de couple avec le "truc-machin-chose".

    Rien n'a changé durant cette semaine, je suis toujours aussi seule et l'appartement me semble démesurement grand. Une impression fausse tellement il est petit. C'est ma vie qui me semble petite, mes doutes et mes peurs reprennent le dessus, il va donc falloir lutter. Je n'aime pas la solitude. Alors ni une ni deux j'ai décidé de me faire une petite séance cinéma mercredi. Oui mais voila !

    "allo Nathy ça te dis une petite séance ce soir...?"

    "désolé ma belle je suis prise."

    "allo Ludivine ça te dis une petite séan...."

    "tu m'excuses mais les gosses....les gosses...les gosses... a bientôt"

    Finalement Mr destin à décidé de m'envoyer seule au cinéma. Oui cela va te surprendre mais je ne vais jamais au cinéma seule, je sais c'est pathétique mais c'est ainsi. Impression énorme de solitude au moment de l'achat du ticket. Impression énorme de solitude au moment de passer par la case des toilettes (toujours le petit pipi avant !). Et surtout impression énorme de solitude au moment de rentrer dans la salle, toute seule, toute seule bordel !.

    Les gens me regardent, je le sais, je le sens, ils me regardent, me dévisagent, ils se disent "encore une gonzesse qu'est toute seule dans la vie" - "la pauvre personne pour l'accompagner" - "doit pas être facile cette fille pour être seule comme ça !"... l'horreur.

    L'écran fixe "The end", je me lève, fière comme je ne sais quoi, je suis sereine, j'ai passé un agréable moment, j'ai réalisé que la solitude ce n'est rien qu'une impression. Je vais même me surprendre à me ballader dans les rues de la capitale et pour une fille comme moi c'est assez rare (oui je deteste marcher).

    Je suis une princesse qui vient d'affronter le complexe du cinéma et je suis fière de moi.

    [Lisianne/Leshaker]

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