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papa - Page 2

  • Être père #9

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Face à l’actualité j’ai décidé de revenir vers un papa que je devais vous présenter pour cet avant-dernier opus. Encore merci à lui pour ce changement et cette entrevue (au téléphone) et à l’arrache… mais intéressante.

    Sylvain 41 ans (Cherbourg), papa de Camille 9 ans et Charlotte 14 ans.

    leshaker,cyril balayn,élection,europe,fn,racisme,flolou,être père,papa solo,célibataire,solitude,papa,parentalité,devenir parent,politique,débat,Dans ton système de garde tu avais les enfants lors des élections européennes ?

    Oui je récupère les filles le vendredi soir pour une semaine. Nous sommes en garde alternée, nous habitons à environ 15 km de distance c’est assez facile pour l’organisation. J’ai donc fait mon devoir civique dimanche, sans véritable motivation malheureusement comme nombreux je pense.

    Sans véritable motivation… ?

    Oui. Dans mon monde idéal et utopique j’aimerais que le vote blanc devienne un véritable parti politique, un courant de pensée. Nous sommes nombreux à le penser, toi aussi tu me l’as avoué.

    On parle politique à la maison, avec les enfants ?

    J’en parle bien plus avec Camille que Charlotte. Du haut de ses 14 ans le sujet n’est pas toujours simple à aborder à la maison. Je suppose qu’elle en parle avec les copains et les copines. Quand je regarde les émissions politique Camille jette souvent un regard. Elle me demande souvent pourquoi les gens s’insultent, parlent très fort, ne s’écoutent pas ? Pas toujours simple de lui apporter des réponses. Y’a des efforts à faire sur le sujet. J’ai bien peur que la jeunesse finisse par penser qu’il est normal et logique de se parler ainsi. Enfin c’est pas le propos…

    Parler politique c’est aussi sensibiliser le sens civique et le devoir de voter. Elles prennent conscience de ce droit, et de cette liberté ?

    Franchement je ne pense pas. Dans le foyer de la maman je sais qu’on n’en parle pas, mon ex-femme ne vote pas, elle à une image très négative de la politique et DES politiques. Les filles doivent sentir mon manque de motivation car il m’arrive d’en parler au téléphone avec des potes et les conversations s’échappent dans les oreilles. Charlotte trouve que c’est des blablas, que c’est toujours pareil les discussions, et elle ouvre les yeux sur les affaires et les corruptions. Comment lui expliquer ?

    Ce racisme que vit la France actuellement, ta fille Charlotte en prend la mesure ?

    Il lui arrive d’en parler. En prendre la mesure je ne pense pas. Actuellement son Facebook s’enflamme, ils décident de tous se mobiliser pour un gros « fuck » au FN. Ça passe aussi comme ça l’engagement maintenant. C’est plutôt sain. En te répondant j’étais en train de me demander si le débat ne serait pas plus ouvert à la maison si j’étais en couple. Nous pourrions plus facilement confronter les idées. On va dire que j’ai pas pris la mesure de mon vote, mais celle de ma séparation bien plus.

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  • Être père #8

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Rencontre avec Guillaume, 20 ans (Evreux), papa de Lino 1 an.

    être père,papa solo,jeune père,jeune papa,papa,leshaker,flolou,papa solo,parent,séparation,être père,cyril balayn,papa,solitude,divorce,juge,magistrat,foyer,enfance,Un enfant à 19 ans c’est un choc dans la vie du jeune homme que tu es. Tu le vis comment ?

    Ma copine a décidé de le garder, moi j’en savais rien, c’est elle qui décide. Ma famille n’était pas d’accord et de son côté non plus. Elle chez sa mère mais c’est pas la joie. Dernièrement y’a eu une grosse dispute ma copine est chez une pote à elle en ce moment.

    Tu es toujours avec la maman de Lino ?

    Non plus maintenant. On s’est quitté quand j’ai appris la grossesse. Moi je savais pas trop quoi décider mais je voulais pas du petit. C’est elle qui décide de toute façon.

    C’est quoi être un père pour toi ?

    (silence)… j’en sais rien. Moi tu sais j’ai galéré, ma mère elle buvait et mon père il était pas souvent là. Il passait à la maison de temps en temps, ma mère elle ne le supportait pas. Ils s’engueulaient tous les jours. On a grandi moi et mon frère dans le bruit et le bordel. Mon frangin il a assuré, il est plus vieux (25 ans), il bosse dans le bâtiment, il a deux enfants et une petite femme sympa. C’est mon modèle. Un père c’est mon frère finalement. Je l’écoute.

    Tu vois ton fils  régulièrement ? Tu t’occupes de lui ?

    Ouais je le vois une fois par semaine avec la maman quelques heures mais je m’en occupe pas. C’est pas facile j’habite chez ma mère alors pour m’en occuper c’est la merde. J’aimerais bien trouver un emploi fixe et m’occuper du petit. Mon frère me dit qu’il faut que je m’en occupe et que je vienne le voir régulièrement. Mais il est petit j’ai l’impression qu’il s’en fou. Il veut être dans les bras de sa mère tous le temps.

    C’est quoi ton programme tout de suite ?

    Je vais voir la mère de mon fils. On va passer quelques heures ensemble. En général on se balade au parc, elle me fait tenir Lino dans les bras mais j’aime pas trop j’ai peur de le faire tomber. On se promène avec la poussette. La mère de Lino  elle a 19 ans mais les filles mais elle assure grave. C’est une bonne mère. Au moins y’a rien à regretter. De temps en temps j’aimerais bien avoir le petit avec moi rien que nous deux. Mais sa mère elle veut pas trop. On verra plus tard. Je sais pas trop si je suis prêt.

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  • Parce que...

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    Parce que l’absence.

    Parce que le silence.

    Parce que tu cherches les bruits, les vêtements par terre, Gulli ou Disney Channel qui résonne.

    Parce que l’odeur.

    Parce que cette chaleur qui frôle sur toi.

    Parce que la voix, la peau et les rires.

    Parce que cette énergie en toi, cette sensation que tout est possible.

    Parce que le plaisir, les joies et les peines, la vie.

    Parce que tu cherches à poser ton regard.

    Parce que ce vide qui t’englobe.

    Parce que cette chambre si seule, si triste, si vide.

    Parce que la rage qui est en toi.

    Parce que c’est comme ça.

    Parce que c’est elle, ma fille.

    Parce que je suis un père.

    Parce que tu prends des bouts de vie.

    Parce qu’il est impossible de s’habituer mais que tu composes.

    Parce que c’est ta vie. Parce que c’est un choix.

    Parce que c’est Lou. Ma fille. 

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  • Être père #7

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Rencontre avec Luc, 34 ans (Caen), papa de Julie 6 ans.

    leshaker,être père,papa,papa solo,solitude,mère,père,être père,flolou,cyril balayn,parentalité,parent,enfant,La maman de Julie a eu un parcours difficile enfant. Cela a joué sur sa grossesse ?

    Une enfance très difficile pour la mère de ma fille, je vais pas rentrer dans les détails, mais c’était une orpheline, une famille d’accueil violente, les foyers, une adolescence complexe. Je l’ai connu toujours en difficulté, dans un mal-être régulier. Elle avait connu la toxicomanie, c’était derrière elle malheureusement elle a replongé après la naissance de notre fille.

    La grossesse est un déclencheur tu crois ?

    En grande partie. Au départ je ne voulais pas d’enfant, je connaissais son passif, sa fragilité, je n’étais même pas certain que nous puissions rester ensemble. Puis la vie. Elle est tombée enceinte et je n’ai rien regretté. Au départ la grossesse s’est bien passé, puis petit à petit la dérive a commencé. Notre couple a souffert, nous n’avons pas partagé comme nous devions la grossesse.

    Tu as eu peur de la suite des évènements ?

    J’ai eu peur tout court. J’ai tenté de devenir papa dans un contexte difficile. Nous ne partagions plus vraiment d’intimité, elle devenait très pudique, de plus en plus distante. J’étais pas bien et elle non plus. Puis Julie est arrivée, tout s’est très bien passé. J’ai cru que les choses s’arrangeraient, bêtement. Son rôle de mère devenait lourd à porter. Elle a quitté le domicile très tôt dans la vie de Julie puis dans la mienne. J’étais un papa solo direct, sans préavis.

    Tu as donc connu une séparation, comment se passe la garde ?

    Y’a pas de garde. Je vivais en région parisienne à l’époque, elle passait de temps en temps pour vois Julie qui avait un an. La situation ne pouvait pas durer comme cela alors j’ai demandé la garde de Julie. J’ai obtenu. Depuis trois ans nous vivons sur Caen, j’ai mis une certaine distance, et puis l’environnement est meilleur pour ma fille. La maman de Julie est instable, elle est souvent alcoolisée et a replongée dans la toxicomanie. Julie ne vit pas très bien cet abandon elle est suivit par un psychologue depuis un an et ça lui fait un très grand bien.

    Et toi, tu vas comment ?

    Je compose. J’ai la chance d’avoir une famille qui m’aide énormément. Puis j’ai mal au fond de moi de la douleur de sa mère. Ça me fait mal au cœur de voir ma fille en souffrance. Pas le choix que d’avancer. 

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  • Être père #6

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Rencontre avec Lionel, 36 ans (Laval), papa de Margaux 4 ans et Timéo 6 ans.

    leshaker,être père,papa solo,solitude,célibataire,parent,parentalité,papa solo,père célibataire,moyen de garde,papa,père,cyril balayn,flolou,père,être père,C’est une séparation que tu vis actuellement Lionel, au moment où je réalise cette entrevue (mois de mars), cela fait six mois que tu viens de te séparer. Comment vous organisez vous pour la garde des enfants ?

    J’ai les enfants en milieu de semaine, mardi soir jusqu’au mercredi et une fois tous les 15 jours. Nous avons eu la chance de pouvoir divorcer assez vite et la vente de notre maison s’est opérée assez rapidement aussi. Pas facile de vendre de tirer un trait sur un parcours et une vie, j’ai eu un gros coup de blues dès le départ c’est un peu mieux aujourd’hui.

    La mère des enfants vit aujourd’hui avec un autre homme (qui lui aussi à des enfants), comment se passe cette vie de famille recomposée ?

    Elle se passe. J’ai pas vraiment le choix. Margaux et Timéo le subissent aussi même si les choses dans l’ensemble vont bien. C’est plutôt Timéo qui témoigne d’un ras le bol avec tous les gamins de la nouvelle maison de sa maman. Le compagnon de mon ex-femme a trois enfants. Les enfants me racontent pas grand-chose, je pense que les choses s’établissent lentement mais surement.

    Et ta vie sentimentale à toi depuis cette séparation ?

    No-Way. Calme plat mais ce n’est pas vraiment une surprise je ne suis pas disponible du tout pour une relation. A ce jour je n’en éprouve pas le besoin, mes enfants me prennent mon temps libre et j’ai même l’impression que les femmes ne parviennent pas à trouver une place au milieu d’un papa et deux enfants. C’est mon impression, je me trompe certainement.

    La vie en solo, les impressions après six mois.

    C’est pas mal d’être seul, de pouvoir faire sans composer avec l’autre. J’aime bien aussi m’occuper des enfants seul, prendre le temps du temps. Sinon c’est douloureux de faire le deuil d’une vie à deux, de ne plus être propriétaire, je vis actuellement dans un petit appartement ça me change la vie et je sais que cela sera bien plus difficile tout seul.

    Une chose à changer, un truc à ne pas faire ?

    A changer OUI. Une grosse amertume quand nous sommes passé devant le JAF. Nous étions convenus d’une pension alimentaire avec la mère des enfants. Lors de l’entrevue avec le juge cette dernière à regarder mon ex-femme pour lui dire qu’elle pouvait demander plus. J’ai trouvé cette remarque honteuse et dégueulasse, nous étions dans un consentement tacite, cela a bien foutu le bordel entre nous durant plusieurs mois à cause de ce magistrat. Les juges devraient faire attention au choix des mots.

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  • Être père #5

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Rencontre avec Christian, 47 ans (Grenoble), papa de Samuel 21 ans.

    être père,papa,papa solo,solitude,test de paternité,paternité,leshaker,flolou,cyril balayn,Christian tu es devenue père, tardivement ?

    Oui tardivement c’est le mot. J’ai connu la maman de Samuel à 26 ans, suite à notre liaison amoureuse elle est tombée enceinte. La relation était compliqué surtout avec la belle-famille. On m’a mis à l’écart de la grossesse, j’ai pensé qu’elle avait avorté, j’ai même rencontré des mois plus tard un membre de la famille m’annonçant la chose. J’étais soulagé au final. Je regrette surtout cette mise à l’écart de l’époque. Bref.

    Elle met au monde un enfant, ton enfant, tu vas apprendre la chose 11 ans plus tard !

    Oui 11 ans plus tard. Sur une connerie, un hasard. Sans le savoir la maman de Samuel et moi avions une amie commune. Le monde est petit c’est l’expression. Sans rentrer dans les détails j’ai appris qu’elle avait un enfant de 11 ans. J’ai pas mis longtemps pour faire le lien même si au fond je ne voulais pas y croire. Durant plusieurs mois j’ai tenté de reprendre contact, via l’amie commune. Elle avait changé de région, de vie, un homme dans sa vie… bref après plusieurs tentatives j’ai enfin réussi à rentrer en contact avec elle.

    Première rencontre avec l’enfant suite à cette prise de contact ?

    Oh que non ! Prise de contact houleuse. Je n’avais rien à faire dans sa vie, je ne m’étais pas manifesté (moi j’étais sur l’info qu’elle avait avorté), bref une sensation d’exclusion très forte face à cette grossesse. Notre amie commune a fait beaucoup pour que la situation et le lien puisse perdurer. Par la suite j’ai appris qu’elle avait rencontré son compagnon pendant sa grossesse. Comble du malheur, de l’horreur ou j’en sais rien, on a fait croire à cet enfant que ce nouveau était le père… je te laisse imaginer. La situation était de pire en pire j’ai demandé un test de paternité pour faire valoir mes droits.

    Et… ?

    J’ai laissé tomber par connerie ou par peur j’en sais trop rien. J’ai pensé au gamin et au choc. J’ai gardé le lien durant quelques années afin de savoir ce qu’il devenait. Suite à la pression familiale du côté de la maman et de ma présence, Samuel a connu la vérité. Il avait 15 ans. Depuis nous sommes un peu des étrangers, je crois qu’il m’en veut beaucoup de cet abandon. Depuis deux ans la situation semble s’apaiser, c’est la première fois que nous sommes partis en vacances à deux d’ailleurs. Il comprend mieux la situation, je crois qu’il marche sur un fil pour ne pas brusquer sa mère ni casser le lien avec son « faux » père.

    Tu as une certaine amertume de cette histoire ?

    Je garde juste l’amertume de cette exclusion définitive et obligatoire. J’ai bien conscience que le corps appartient à la mère et c’est elle qui met au monde, mais on m’a écarté de cette grossesse, on a menti à un enfant. Ouais je garde une amertume, une cicatrice profonde, comme une obligation de fermer ma gueule tu vois.

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  • Être père #4

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Rencontre avec Yves, 53 ans (Boulogne Billancourt), papa de Maeva 25 ans, Julien 21 ans et Lucie 17 ans.

    être père,leshaker,papa solo,célibataire,séparation,shake les daddy's,flolou,cyril balayn,entrevue,interview,père,papa,solitude,séparation,avoir un enfant,Elle était comment ta vie Yves avant de connaître cette séparation ?

    Avec le recul d’aujourd’hui je dirais à 100 à l’heure, jamais le temps pour rien, encore moins pour ma femme ni pour mes enfants. J’ai travaillé comme un chien la tête dans le guidon pour avoir une belle maison et du pognon. C’était un choix de vie à deux que je regrette complètement.

    Cette vie ne te suffisait plus ?

    Je pense que j’aurais pu continuer ainsi pas mal de temps. Au final je m’occupais de rien, ma femme ne manquait de rien et les enfants non plus. Puis petit à petit notre couple s’est enfoncé, de moins en moins de partage, un amant, une maitresse, nous sommes restés ensemble pour les gosses. La pire connerie, le pire des choix. Nous nous sommes séparés finalement y’a 7 ans suite à une grosse galère, un moment franchement difficile Maeva avait 18 ans un âge pas simple pour vivre une séparation.

    Une grosse galère ?

    Oui suite à une énorme restructuration d’entreprise, la société m’a licencié presque du jour au lendemain. Le couple n’a pas survécu au choc, les galères, l’argent qui va commencer à manquer, bref mon ex-femme a préféré claquer la porte. Ceci étant je lui en veux pas, notre couple était à la dérive je pense que le moindre petit grain de sable suffisait à faire stopper la machine.

    Se reconstruire seul, recommencer une nouvelle vie, pas simple ?

    Bah non et encore moins en faisant le bilan. J’ai pris du recul tout de suite, ras le bol de travailler comme un chien, ras le bol de ne pas profiter, me rendre compte que j’ai pas vu les gosses grandir… dans la balance la belle bagnole et la belle maison je peux te dire que ça ne pèse pas lourd au final. Puis pas simple de redevenir un papa solo avec des enfants que tu n’as pas pris le temps de connaître. Je regrette infiniment.

    Et ta vie d’aujourd’hui alors ?

    Profiter. Contempler. Ne rien branler. J’ai pris conscience un peu tard que la vie passe très vite et que j’ai plus de 50 piges. Je regrette mon absence et mon choix de vie de l’époque mais je ne regrette pas ce que je suis aujourd’hui. C’est l’avantage de ma séparation. Je me suis retrouvé à vivre dans 50 m2 le truc que je ne connaissais pas, et puis tisser les liens avec mes enfants. Une harmonie s’est installée depuis. 7 ans en même temps ça passe si vite. Je vis plus modestement qu’avant,  l’image de la belle famille qui vit dans une belle maison est un peu loin désormais, mais franchement je m’en fiche royalement. Le matériel j’en veux plus. Bref j’ai changé.

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  • Être père #3

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Pour cette troisième rencontre je suis allé à la rencontre de Vincent, 43 ans (Toulouse), papa de Juliette 14 ans.

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    Nous sommes séparés depuis six ans, nous avons décidé d’opérer une garde alternée. On a la chance de particulièrement bien s’entendre, nous vivons à 500 mètres l’un de l’autre, j’ai bien conscience que c’est un avantage pour nous tous.

    Le choix de la garde alternée est un choix décidé par vous deux ?

    Oui nous avons eu la chance de pouvoir vivre à proximité. Dès le départ la garde alternée était un choix plutôt bien pensé, facile à organiser, plus sympa pour Juliette qui était petite à l’époque. Ça me permet d’être au sein de son quotidien, de mieux suivre ses études, et puis durant une semaine j’ai aussi ma vie pour moi. La garde alternée me permet de me rendre disponible et de pouvoir le planifier.

    C’est une image idyllique, les inconvénients existent ?

    Oh que oui. La garde alternée pour moi c’est un avantage et pour la maman aussi car nous nous entendons  bien. Il faut voir la vie du même côté et s’accorder sur les principes de l’éducation. Au départ ce n’était pas si facile pour Juliette, elle jouait sur la corde sensible, ne souhaitait pas changer de chambre une semaine sur l’autre, il faut un temps d’adaptation. Dans l’ensemble (et pour nous) c’est une bonne solution. J’ai des collègues qui vivent une garde alternée et c’est pas la même chose. Quand les gens ne s’entendent pas, ou ne s’accordent pas, c’est très vite l’enfer pour les parents et les enfants.

    As-tu une vie amoureuse que tu parviens à gérer avec ton système de garde ?

    Franchement non. Enfin j’ai une liaison de deux ans. Elle n’a pas supporté ma relation avec la maman de Juliette qu’elle trouvait trop présente dans ma vie. Pourtant j’avais consommé ma séparation, la maman de Juliette reste une femme importante dans ma vie, elle reste une mère. Bref j’ai pas aimé les reproches de cette femme, elle me demandait de choisir, de changer de vie… ma vie c’est la garde alternée, bien m’entendre avec la maman de ma fille, point final. Depuis calme plat.

    Et Juliette du haut de ses 14 ans elle voit les choses comment ?

    Elle devient grande, plus indépendante. Je vais pas mentir en ce moment c’est pas une super période, les copains, les copines, les réseaux sociaux et l’importance de la vie sociale, voilà en gros les priorités de ma fille qui bosse plus trop à l’école en ce moment. L’adolescence avec ses joies et ses peines. Mais dans l’ensemble elle vit bien notre séparation, elle s’entend très bien avec le compagnon de sa mère et les enfants de ce dernier même si de temps en  temps elle aimerait avoir sa mère rien que pour elle. En ce moment son délire c’est de me trouver une chérie. On verra…

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  • Être père #2

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Pour ce second opus je suis allé voir un papa que je connaissais déjà, j’avais au sein d’une note évoqué cette rencontre puissante et dérangeante #distance. Focus sur Thierry (Créteil),  37 ans, papa de Manon 12 ans.

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    J’ai 37 ans et j’ai rencontré une femme avec qui j’ai eu le désir de faire un enfant. Une petite fille Manon. Quand ma fille a eu trois ans la maman est retournée dans son pays d’origine. Depuis j’ai plus de nouvelle. Je sais que ma fille à 12 aujourd’hui je comptabilise 9 années de séparation.

    Juridiquement rien à faire ?

    Le pays en question c’est la Chine. Autant te dire que c’est compliqué et que l’ambassade a un mal fou pour m’aider. Des procédures je dois en avoir des tonnes dans mes archives, mais y’a rien, rien ne bouge, rien, je vais pas mentir je ne crois en rien en la justice actuellement elle ne pourra plus m’aider.

    As-tu fait le déplacement là-bas ?

    Bien évidement et plusieurs fois. J’ai tenté de mettre la main sur mon ex-compagne mais je perds sa trace à chaque fois. La belle-famille ne m’aide pas et je suis très mal reçu en général. La situation à souvent dégénérée d’ailleurs. Les autorités sur place prennent pourtant les plaintes, j’avais un peu la sensation d’être entendu et écouté mais rien n’a bougé, je ne sais même pas si elle est vivante. Mon dernier voyage remonte à trois ans.

    Et les détectives ?

    Ils perdent la trace car elle ne fait que bouger. Le dernier parcours que je connaisse remonte à deux ans. Aujourd’hui tout est suspendu car j’ai des gros soucis financiers à cause des nombreux voyages, des détectives et des frais juridiques. Je suis complètement bloqué, la famille aussi, cette histoire nous à tous mis dans une situation très délicate. Je souffre pour mes parents qui vieillissent et dont la situation ne fait que les tuer à petit feux.

    En écoutant ton témoignage je me demande comment tu fais pour tenir, pour avoir encore l’espoir de la revoir et de la serrer contre toi.

    Si tu savais. Ce n’est pas vivre c’est subir, c’est très différent. Depuis cette histoire j’ai perdu le goût, c’est un truc incroyable ça. Le corps lui aussi me dit qu’il n’est pas content. Les médicaments me tiennent debout et calme ma haine. J’aimerais bien arrêter pour tout défoncer mais j’ai besoin de dormir. Au tout début de cette histoire je n’ai pas fermé l’œil durant deux ans. Deux putains d’années à me réveiller toute les nuits. Je veux plus revivre ça.

    Dans cet enfer que tu vis tu as déjà pensé… au pire ?

    Plusieurs fois sans vraiment passer de l’autre côté. Je me dis qu’un jour je la retrouverais. Ma crainte c’est qu’elle va oublier mon visage, mon obstination pour la retrouver si ça se trouve elle n’en entendra jamais parler. De temps en temps je fini par me dire qu’il faut tourner la page, je tente de prendre quelques minutes de bonheur mais dans l’instant je plonge. Je sais pas combien de temps je vais tenir. Je suis un père avec des médocs pour ne pas penser. T’as vu ça c’est une putain de vie. Une putain de vie de père.

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  • Être père #1

    C’est une nouvelle rubrique qui me tient particulièrement à cœur. Être père. Vous pouvez prendre contact avec moi pour participer si vous le souhaitez.

    Dominique 37 ans papa d’Enzo (7 ans) et Louise (10 ans). Grenoble.

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    C’est la galère depuis deux ans. Je suis loin, 145 kms de séparation. Je n’arrive pas à me faire muter proche de mes enfants. Je ne suis pas prioritaire, pas en couple, je ne rentre pas dans les cases. Je m’organise sur un week-end sur deux, bonjour les kilomètres, et les vacances le plus possible. J’ai la chance de bien m’entendre avec la maman c’est un avantage avec cette vie.

    Passage par la case « tribunal » pour bien mettre en place les droits de chacun ?

    Bien non ! J’ai pas une très grande opinion des avocats et de la justice surtout dans les affaires de séparation. J’ai tendance à penser que c’est le bon sens qui doit l’emporter. Mettre son égo de côté pour le bien-être des enfants. Je sais qu’on va dire que j’ai de la chance de bien m’entendre avec la mère et c’est une vérité, mais je m’efforce de faire en sorte que cela soit possible. Nous parvenons à nous arranger c’est le principal si ce n’était pas le cas malheureusement…. Pour certains c’est la seule solution j’en ai bien conscience.

    Tu regrettes cette séparation ?

    Humainement non. Dans ma vie de tous les jours oui. Enzo et Louise se construisent autour de ça. On a tendance à penser que c’est mieux que des parents qui restent pour le pognon, le confort ou parce que c’est comme ça… faut du courage pour se séparer et affronter cet échec.

    Tu me parlais de tes difficultés dans ton entreprise à t’organiser pour le vendredi afin de partir tôt, ou même des vacances quand tu as tes enfants avec toi…

    Oui il faut savoir que nous n’avons pas la famille avec nous déjà. Géographiquement parlant je veux dire. J’ai constaté dans ma boite que la parole d’un père qui cherche à s’organiser autour des enfants quand il est seul est bien moins entendue que pour une femme. Je passe pour un extra-terrestre d’une certaine façon. J’ai besoin de mes gosses et je suis assez fatigué de devoir le crier ou l’expliquer. J’ai pas de haine, sincèrement, mais c’est usant et fatiguant.

    Et ta vie sentimentale ?

    Compliqué ou complexe je ne sais pas quoi choisir comme terme. La vie tourne autour de mes enfants. Je suis disponible par le terme mais pas l’homme au final. Je suis séparé depuis deux ans. Un homme qui pense à ses gosses c’est un peu excluant pour une femme. J’en sais rien. En tout cas c’est complexe (bon bah j’ai choisi le terme).

    Un mot, une loi, une chose à changer…

    Les mentalités. Le calendrier affiche 2014 de temps en temps je me dis que rien n’avance. Je vais me répéter la relation avec la maman est plutôt simple, mais franchement je rencontre de nombreux père qui sont loin des enfants et ce n’est pas par choix, pas toujours, pas tous le temps. On est en train de tuer le père dans cette société, bref c’est un autre débat mais je le pense fortement.

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