juin 11, 2013
Live From Istanbul #4 (suite et fin).

De retour à Istanbul la situation est plus calme ?
Istanbul est une TRES grande ville, 40 kilomètres sur 100. Je vis sur la rive asiatique, très loin de Taksim ou de tout autre centre névralgique de la contestation. Tous les jours je me dis que je vais aller voir tout cela de plus près, et tous les jours je n'en ai pas le courage. Je suis donc chez moi, je vaque à mes occupations, je vais à la banque, au supermarché... Bref: je vis ma vie. Ce que je sais du mouvement, tout de suite, je l’apprends via les infos. Dans la rue, la vie est absolument normale. Mais je pense que demain mardi, je vais aller à Taksim; je ne peux quand même pas laisser passer toute cette agitation sans aller y jeter un œil moi-même.
Petite question pour les lecteurs que nous sommes, habitués en France à l'internet dans toute sa puissance... l'internet en Turquie est-il censuré et/ou limité ?
Il n'est pas limité, mais il reste onéreux quand on le veut très rapide et il est censuré, oui. Il y a un très grand nombre de sites web qui sont interdits par le gouvernement, principalement des sites pornographiques mais pas mal d'autres choses aussi. Bon, le gouvernement étant largement moins doué que le commun des hackers, à peu près tout le monde parvient à bidouiller ses DNS et à voir ce qu'il veut, quand il veut. Mais pour répondre à ta question, oui, Internet est censuré.
#un grand merci à mon pote David Rault pour sa participation.
Edit du 11 juin 2013. Taksim. Photos David Rault.






Publié dans Shake l'instant., Shake les #. | Lien permanent | Commentaires (2) |
Facebook | |
juin 08, 2013
Live From Istanbul #3

Tu étais sur Paris pour la présentation de la Warner Day y'a quelques semaines avant les évènements, tu sentais sur Istanbul un vent de mécontentement avant ton départ ?
Oui et non. Ça fait des années que les "européens de Turquie" (les occidentalisés, qui représentent une minuscule partie de la population et qui vivent majoritairement à Istanbul, sur la rive européenne) encaissent sans trop rien dire les décisions arbitraires de Erdogan qui de son cote accélère visiblement les prises de position et les réglementations vers un état de plus en plus islamisé. Il a lancé énormément de chantiers gigantesques depuis quelques mois, qui vont véritablement changer l'aspect d'Istanbul sur le long terme, et il multiplie les lois et décrets tournes vers un état beaucoup plus religieux. Peut-être est-ce à cause de la rumeur qui lui a trouvé un cancer du côlon et qui ne lui donne plus qu'un an à vivre; Erdogan étant d'une mégalomanie pathologique, ceci expliquerai sans doute cela, et puis il ne faut pas oublier qu'avant de diriger le pays, Erdogan a été footballeur pro pendant 15 ans et a passé 4 ans en prison pour incitation à la haine - un type bien, donc. Mais ce qui est sûr c'est que la situation a atteint un point dangereux: 50% des turcs le soutiennent, arme au poing s'il le faut, et 50% des turcs le détestent - arme au poing aussi s'il le faut. En fait, on est à deux doigts d'une véritable guerre civile. Moi, je ne pensais pas qu'on était si près du chaos. Mais force est de constater que si, en fait. Erdogan était en tournée au Maghreb, il est rentre ce matin et la première chose qu'il a déclaré à l'aéroport c'est "tous les chantiers seront menés à leur terme". Donc, en clair: "je vous emmerde". Là, je crains vraiment l'escalade. "There will be blood", comme dirait PT Anderson.
L'opposition entre l'état et la jeunesse est incarnée par une jeune femme habillée de rouge. C'est quand même un copié collé à la lutte des thaïlandais dans les rues de Bangkok habillés de chemises rouges, on frôle le plagiat ?
La couleur rouge est synonyme de passion, de révolte, c'est aussi la couleur du sang. Elle augmente la pression artérielle, elle excite et énerve. Et elle se voit de loin en milieu urbain, ou le décor est plutôt gris. C’est pour ça que Spielberg a habillé une petite fille en rouge dans la liste de Schindler, pour symboliser la prise de conscience de Liam Neeson envers l'horreur en face de lui. Du bon gros symbole qui tache, pour les téléspectateurs de TF1. Là, c'est juste une nana en robe rouge qui se prend un jet de flotte dans la gueule, et la photo a été récupérée par des journalistes bas du front en mal de symboles neuneus. Rien de plus.
#merci à David Rault mon pote qui vit à Istanbul (tu l'auras compris), à demain (normalement) !
Publié dans Shake l'instant., Shake les #. | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
juin 07, 2013
Live From Istanbul #2

Depuis ton évènement d’hier à la terrasse de ce restaurant c’est de nouveau calme, plus rien dans les rues ? Tu es toujours à Ankara ?
Je suis toujours à Ankara, je repars à Istanbul ce soir. Hier soir on a été diner en ville avec un habitant d'Ankara, et de nouveau en fin de soirée le bruit de la foule s'est fait grandissant, après une averse bienvenue. On était en voiture, et notre camarade local nous a emmené dans tous les endroits "à risques" un par un, jusqu'à une heure du matin. Ici et là, des manifestants énervés mais peu nombreux (une trentaine, une quarantaine maximum) mettaient des bancs publics et des bouts de bois en travers de la route pour la barrer et y mettaient le feu. Des voitures forçaient parfois le barrage, ce qui donnait lieu à des jets de pierre qui parfois atterrissaient dangereusement près de moi. Au bout de 5 à 10 minutes, les tanks de la police arrivaient et lançaient des bombes lacrymo dans le ciel puis aspergeaient les manifestants d'eau ou de gaz lacrymo. Je m'étais mis un masque sur le nez, mais leur gaz est très violent et très irritant. Très efficace, quoi. Bref, une virée "frissons" parfois un peu flippante (quand les flics arrivent avec leurs engins de guerre et que le ciel est zébré de bombes, c'est quand même un peu surréaliste), mais finalement presque drôle. Tout ça est en train de devenir ridicule et lassant. Le plus triste dans tout ça c'est peut-être tout le mobilier urbain récemment rénové chèrement et systématiquement pulvérisé par tous ces abrutis de casseurs.
Tu penses que c’est un choix stratégique d’organiser les violences courant juin juste avant la pleine saison ?
Ah non, le début de la révolte est vraiment né de la rue spontanément. Aucun choix stratégique la dedans. Par contre c'est certain que niveau tourisme, l'image de la Turquie est en train d'en prendre un coup. Cet été, m'est avis qu'on sera tranquille sur les plages.
#merci à David Rault mon pote qui vit à Istanbul (tu l'auras compris), à demain (normalement) !
Publié dans Shake l'instant., Shake les #. | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
juin 06, 2013
Live From Istanbul #1

T'es ou là en ce moment, à l'instant ?
La tout de suite je suis assis dans un Starbucks Coffee de Cepa, un centre commercial à Ankara. Je suis en train de bosser, enfin j'essaie, mais c'est pas facile avec tes emails à la con. Avant-hier soir on est sortis ma femme et moi dans une rue généralement calme d'Ankara pour diner en terrasse, mais c'était sans compter sur les manifestants (une centaine maximum) qui au moment du café ont investi la terrasse du restaurant, un bandana sur le nez et les yeux explosés. Une forte odeur de gaz lacrymogène les a accompagnés, les serveurs ont distribué des citrons. Nous sommes partis dans la direction opposée ma femme et moi, à pieds, pendant que la police se rapprochait du quartier. Après 10 minutes nous avons trouvé un taxi qui nous a emmenés à l'hôtel heureusement situe loin de tout ça. En route à travers la ville on a pu voir pas mal de feux allumes ça et là, une vraie ambiance de guerre civile. Le lendemain, tout avait disparu, tout était redevenu normal. Comme si rien n'était arrivé. Manifestement c'est encore pas mal le bordel sur la place Taksim à Istanbul, mais ici ça va... Mais bon, tout peut se détériorer en 10 minutes, alors je reste sur mes gardes.
Le pays vise une interdiction de la vente d'alcool, c'est ennuyeux pour toi ?
L'interdiction de la vente d'alcool a déjà été votée et est déjà appliquée, et elle n'est en vigueur que de 22h à 6h du matin. Ne buvant pas moi-même, cela m'est totalement égal. Sur le principe, toute interdiction est toujours dommageable. Mais là, sincèrement, ça ne me fera pas aller manifester.
#merci à David Rault mon pote qui vit à Istanbul (tu l'auras compris), à demain (normalement) !
Publié dans Shake l'instant., Shake les #. | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
mai 30, 2013
Lettre ouverte à mon symbole #3
Je voulais te parler de ces jeunes que j’ai croisé dans les couloirs du métro dimanche dernier. Du drapeau avec maman-papa et l’enfant dessus. Des jeunes, 20 ans certainement, peut-être moins, l’âge de l’insouciance, l’âge où l’on pense que tout est possible, l’âge ou la découverte doit être une raison de vivre. Combien sont-ils ces jeunes à lever le bras pour manifester contre le mariage pour tous ? Combien ? Combien ? Sont-ils aussi nombreux que les images dans le téléviseur ? Ont-ils conscience du geste ? Ils viennent crier la haine contre cette loi à grande explication de PMA et de GPA, rien que du Blablas…
Ils n’y connaissent rien, ils brandissent des pancartes, ils crient et hurlent sans discours, ils ne sont rien, juste de la chair fraîche pour nos zombies politique. Alors ils sont dans la rue. 100 000 ou 1 000 000. Entre les deux mon cœur balance. 72% des français considèrent que les manifestations devraient s’arrêter. Alors combien ? J’en vois dans les couloirs du métro, ils sont bien là, les enfants, la famille, c’est tellement plus rassurant de ne pas donner les droits aux homos, c’est tellement rassurant de rester dans ce cocon de vie de famille, surtout ne pas regarder, ne pas voir, les œillères ne sont pas destinées qu’aux chevaux.
Je voulais te parler de la diffusion du premier mariage homosexuel à la télévision. A en croire la timeline de Twitter il faut croire que c’est symbolique. C’est en effet le cas. Mais j’ai comme un goût amer de cette diffusion comme une vulgaire télé-réalité. A force de transparence les images doivent parler, le peuple ne va pas le croire sinon, mais pourtant cette loi, elle est bien votée, elle est bien là, j’ai pas rêvé, n’en parlons plus. Il faut des images, donner de la fiction à l’intime. Je suis en accord avec cette idée, celle loi, le mariage pour tous (c’est drôle d’ailleurs de voir ce déferlement autour du mariage alors que des milliers de gens viennent s’en lamenter après, bref…), j’espère juste que le déballage médiatique ne va pas encore plus stigmatiser cette loi républicaine. Décidément notre société ne sera jamais en paix, et les hommes n’ont plus.
Je voulais te dire que j’aimerais aussi une loi qui puisse raisonnablement faire fermer la gueule de certains et les condamner violement, et qu’on cesse de me répondre que c’est la règle de la démocratie… Je te laisse avec cette vidéo ou tout est résumé je crois.
Publié dans Shake l'instant., Shake les #. | Lien permanent | Commentaires (2) |
Facebook | |
mai 14, 2013
L'oeil de Sauron sur le championnat de France.
L’œil de Sauron en haut de la tour Eiffel. Le peuple en bas sur cette terre vide et désolé du Mordor. Subsistent encore les échafaudages des tours pour la surveillance proche du Trocadéro. Sauron le sait, la tension est palpable, le peuple n’est jamais aussi docile que lorsqu’il se présente en masse.
Il sait aussi que les parties de gauche et de droite ne feront que se renvoyer la balle, il sait que la presse, les médias, les tweets, les unes seront nombreuses. Sauron le sait. Il sait que c’est l’occasion de prendre avec lui des âmes vides et sans repères. Sauron aime l’extrême, il l’est lui-même.
Au loin Frodon s’agite, il est seul, il n’avait pas imaginé un rassemblement aussi vaste, et ici surtout. Frodon éternel utopiste, démocrate, libertaire va tout perdre une nouvelle fois.
Au loin Sauron déclenche l’attaque, la foule, la haine, les cris, la violence, cette violence qui attise les sens, Sauron en utilise le message, il le sait et il le fera. Il sait surtout que ce n’est que le début, que c’est juste une petite victoire, juste un minuscule championnat, il compte bien un jour utiliser la Ligue des Champions pour faire de Paris une véritable ville du Mordor… et par les urnes un jour.
Je ne le souhaite pas, je ne l’espère pas, je ne le veux pas.
Publié dans Shake l'instant. | Lien permanent | Commentaires (2) |
Facebook | |
mai 01, 2013
The Gay Athlete.
Jason Collins joueur de la NBA vient de faire son coming-out. Une information relayée en grande partie sur la toile car c’est le premier joueur américain en activité à révéler son homosexualité. Un coming-out. Un mot que nous connaissons tous finalement depuis des années. Mais je me suis toujours interrogé sur les facteurs qui déclenchent cette volonté de donner cette information publique. La pression, les rumeurs, les « ouais il est homo lui ! », ou les « tu sais Collins il paraît que… enfin tu vois », sont-ils si violents pour un jour en informer la presse ? Certainement.
Mais j’ai toujours un goût amer. La cause homosexuelle a évolué depuis des années, et heureusement, mais ce grand bruit, cette information, cette décision de rendre publique sa sexualité n’est-elle pas une façon de stigmatiser une nouvelle les homos. A-t-on vraiment ce besoin de ranger les gens dans des cases, balancer des étiquettes sur la tronche des gens, se conformer, devenir transparent jusqu'à sa sexualité ? Et le coming-ou hétéro il est pour quand alors ?
Je crois qu’à force d’évoluer dans cette société, à vouloir cette transparence à tout prix, nous finissons par éliminer ce qui nous constitue, ce qui sommeille en chacun de nous, notre part d’ombre, notre mystère. Et si pour une fois nous fermions tous nos grandes gueules sur ce que nous sommes, juste pour pouvoir mieux se regarder dans le miroir, se foutre une bonne fois pour toute de ce qui se passe chez l’autre, s’intéresser à ce que nous sommes et non plus à ce que nous nous destinons.
Collins est un joueur noir américain de la NBA, le reste c’est son histoire, sa vie, sa liberté.
Publié dans Shake l'instant. | Lien permanent | Commentaires (3) |
Facebook | |
avril 28, 2013
Courrier des lecteurs #4. La chaussure n'était pas orpheline.
Un courrier des lecteurs qui s'oriente un peu differement, il faut d'abord revenir à ma découverte d'un talon, seul et abandonné en pleine rue. Le lendemain j'ai déposé un mot à l'endroit de ma découverte (juste derrière la chaussure y'a un portail), "talon haut noir recherche sa princesse, mardi 7 avril rue sente des meuniers, j'ai froid, j'ai faim, ou est mon pied ?" avec une petite adresse mail qui va bien. La réponse je viens de la recevoir cette semaine, mercredi, le talon a malheureusement disparu, mais j'ai retrouvé par mail la princesse, ophélie. J'ai envoyé par retour à son mail la photo du talon, elle pourra pleurer dessus dignement.
En effet c’était ma chaussure. C’est vraiment drôle ton message. Je suis passé quelques minutes plus tard, voir même quelques heures mais la chaussure avait disparu. Et ça me fais bien chier. Je ne sais pas qui tu es, ton message est vraiment sympa, je vais donc y répondre. Je viens tout simplement de déménager, dans le bordel évidemment, je quitte Evreux pour m’installer sur Rouen. Dans le bordel (que tu es loin d’imaginer) un carton de chaussures s’est planté comme un con sur le trottoir et à mon avis mon talon a décidé de rester dans ma ville natale. Tu as mon adresse mail, t’es peut être un serial killer, mais au cas où tu retrouves trace de ma chaussure tu n’hésites pas à me le dire. Très sympa en tout cas et drôle surtout ce petit bout de message devant la maison, enfin mon ancienne maison.
Publié dans Shake l'instant., Shake les #. | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
avril 26, 2013
Epouse-moi !
Nous y sommes. Mariage pour tous, le feuilleton médiatique va donc prendre fin, ou pas. J’en ai appris des choses durant les semaines, les manifestations contre le texte de loi, nombreuses, à croire que les gens ne bossent pas, le retour fracassant de Frigide Barjot que je revois encore en train de faire la connasse dans les rues de Deauville durant le festival (elle était inoffensive à l’époque), la plume légère est symbolique de Karl Zero qui à tort ou à raison a balancé ce qu’il pensait de sa belle-sœur, les extraits du Grand Journal ou un vieux vient disserter sur l’étron, les jeunes, les jeunes les jeunes qui défilent contre ce texte de loi, contre cette égalité, les gamins dans la foule, les gamins avec des pancartes dans la foule, les gamins dans la foule et les pancartes face aux CRS, notre pays, notre France dans les rues, cette énergie incroyable et passionnée contre une avancée, contre une cause, contre une égalité, si seulement cette énergie pouvait se déployer pour défendre nos galères de vie, nos emplois… utopiste que je suis.
Et moi au milieu. Moi qui n’en pense rien. Qui pense que c’est bien. Qui pense que ceux qui défilent n’ont strictement et intellectuellement rien à dire dans le fond et dans la forme. Tout cela est juste une affaire de cul et de sexe. Ce débat avait un sens, un seul sens, notre ouverture d’esprit. Il n’en est rien. Les homos dehors. Ne surtout pas bouleverser maman et papa et la petite vie étriquée qui va bien.
Et les gens, les vrais, ceux qui je ne rencontre pas dans les émissions de télé ou sur les pavés parisiens à défiler ils en pensent quoi ? Je suis partagé, je doute, j’espère que nous voulons tous l’égalité dans nos droits.
Honte d’être Français ? Non jamais, pas un seul moment, il suffit de voyager, de découvrir le monde pour cela. Honte de ce que nous sommes. Oui certainement, surement même. De plus en plus même.
Je souhaite juste que cet épandage médiatique et numérique cesse. Utopiste que je suis.
Publié dans Shake l'instant. | Lien permanent | Commentaires (2) |
Facebook | |
avril 17, 2013
Seule et abandonnée.

J’ai croisé hier par hasard cette chaussure seule et abandonnée. Surprenant pour un gars comme moi qui vient d'organiser un concours dernièrement sur le même thème. Un signe ? J’ai pris la photo, j’ai continué mon chemin, puis je suis revenu en arrière. En la regardant de plus près, elle était neuve cette chaussure, elle n’était pas abîmée en tout cas. Comment un talon haut peut se retrouver seul en pleine rue. J’ai regardé autour de moi. Facile de faire pervers autour de cette scène, le regardant fixement. Le nom de la rue « sente des meunières » pas vraiment glamour et sexy pour cette chaussure orpheline.
J’ai imaginé la propriétaire. Certainement dans l’urgence. Mais il est droit, il est fixé, il ne bouge pas, rien ne le fait se reposer sur le côté comme il devrait être normalement. Etant donné que je crois en rien, que je demeure à ce titre un agnostique convaincu, j’ai cru en ce talon, il me faisait un signe, me faire prendre conscience que la féminité est partout, qu’elle est dans nos réactions, nos envies, nos fonctions. J’ai décidé de croire en lui.
Je reviendrais sur le chemin demain. Il sera absent. A la corbeille. Je pense à celui que je ne connais pas qui demeure dans le pied de sa propriétaire. Demain, quand tu liras ces lignes, j’irais déposer un message, une adresse mail pour me contacter… On cherche à trouver sa moitié, toujours, il paraît. On verra.
Publié dans Shake l'instant. | Lien permanent | Commentaires (2) |
Facebook | |

