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Shake les daddy's [entrevue].

  • Maman solo jette un oeil sur papa solo #3

    Dernier opus de cette série. Un grand merci aux mamans. Entrevue #1Entrevue #2

    Rencontre avec Jennifer 33 ans (Creteil), maman de Marion 6 ans.

    parents,célibat,papa solo,maman solo,solitude,divorce,parentalité,burn out,solo,flolou,leshaker,cyril balayn,papa,père,mère,être père,Alors, il est comment ce papa solo ?

    Loin, très loin. Je vais casser les codes et désolé par avance mais j’ai un mal fou à me retrouver dans la définition du terme « solo » autant pour les mères que les pères. Je ne suis pas complètement folle je sais que cela fait référence à notre célibat, à nous retrouver qu’un et plus deux. Mais pour moi le terme ne fait pas référence à cette réalité. Je suis en effet une maman séparée, qui a un fils, mais ce dernier à un père, présent… comment donc définir le terme de « solo » ?

    Se trouver seul(e) avec l’enfant, gérer les émotions seul(e), développer une vie différente empreinte d’une « solitude ».

    On n’est pas vraiment seul Cyril. J’ai une amie qui est une maman solo au sens noble du terme. Elle vit près de chez moi, loin de la famille, le père a démissionné, elle est donc véritablement seule pour se gérer et élever son enfant. Moi ce n’est pas le cas. Je suis seule et j’ai bien conscience que cela m’a changé, je dois faire face différemment mais j’ai le père qui est présent et cela modifie considérablement mon comportement avec mon fils. Le « attention je vais le dire à papa » c’est une devise chez nous.

    Cela sous-entend une bonne entente entre les parents et tu sais que ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

    C’est vrai. Mais la présence du père est essentielle. C’est le terme « solo » qui ne me convient pas et je cible mon discours dans ce sens. J’ai bien conscience que la mésentente ne facilite pas l’échange et l’éducation. Je le sais. Mais si le père est présent, cela va terriblement modifier le développement de l’enfant et notre propre comportement. Je ne suis pas en guerre mais de temps en temps j’en ai un peu marre d’entendre le discours des gens qui viennent balayer d’un revers de main la présence de l’autre.

    « Solo » c’est aussi se retrouver dans des plaisirs que la séparation procure. En ce qui me concerne j’aime voyager avec ma fille, je suis un papa solo, et c’est un bonheur indescriptible d’être seul avec elle, loin, je ne souhaiterais pas renoncer à ce plaisir.

    Encore une fois Cyril, c’est le terme mais je comprends ton propos. Prenons un exemple. Si tu vivais en couple à ce jour, tu serais dans la délectation de ce moment que tu as connu et dont tu ne souhaites jamais renoncer. Mais tu pourrais le vivre en étant en couple. Ce n’est qu’un moment, un échange, un truc qui fait partie du jardin secret et qu’on ne souhaite partager avec personne. Ta fille à une maman, présente, par définition tu n’es pas véritablement solo, comme moi. J’en profite pour saluer les mamans et les papas qui sont seul(es), totalement. 

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  • Maman solo jette un oeil sur papa solo #2

    Rencontre avec Patricia 35 ans (Rennes), maman d'Anna 7 ans.

    papa solo,maman solo;parentalité,parent,père,célibat,enfant,être père,shake les daddy's,flolou,leshaker,cyril balayn,entrevue,interview,un papa,solo,maman solo,Comment pourrait se définir un papa solo selon toi ?

    Probablement comme celui de ma fille. J’ai la chance d’avoir un père pour ma fille qui est très présent, très autonome, j’ai tendance à penser les papas (pas tous je sais bien) se comportent de la même façon. Il a 40 ans, il s’est toujours débrouillé quand notre fille était toute petite, je crois qu’il n’a pas vraiment besoin de quelqu’un pour gérer.

    Pourquoi préciser son âge ?

    J’ai rencontré des hommes de sa génération. Ils ont un profil commun. Des hommes investis dans le rôle de père, ce n’est pas l’ancienne génération. Mon ex-belle-mère est une femme indépendante, libre, il a donc était élevé dans cette ambiance et cette ouverture d’esprit.

    On parle de temps en temps d’une forme de « sacralisation » de la mère.

    Alors ça je ne sais pas trop mais c’est fortement possible. Déjà sur le net y’a que des mamans qui parlent, c’est rarement les hommes, j’ai un peu tendance à penser que c’est tabou d’une certaine façon. Ça m’arrive même de me confronter à mes collègues. Elles parlent souvent des galères du quotidien en évitant le sujet du papa ou de l’homme présent dans le foyer. C’est toujours très étrange. On a l’impression que le père existe mais pas vraiment. Une forme de virtualité.

    Tu me disais observer dans un endroit où tu vas l’été de plus en plus de « papa solo ».

    Oui c’est vrai, je suis souvent dans le même terrain de camping l’été et j’observe de plus en plus les papas en mode solo que les autres années. On va finir par penser que les couples se séparent de plus en plus (et ça c’est très possible), mais je crois que les pères assument de mieux en mieux et n’ont pas besoin d’aide véritablement. Ou aussi profitent véritablement du célibat pour passer des moments forts avec les enfants. Les mentalités changent c’est une évidence.

    Un papa solo qui vit une histoire est-il toujours solo par définition ?

    Bonne question. Au travers de la séparation oui car le lien ce sont les parents et pas les personnes qui viennent dans nos vies éventuellement. La séparation conditionne le côté « solo » obligatoirement. En ce qui me concerne la présence forte du père de ma fille m’a facilité la vie je n’ai pas honte de le dire. Je sais mon enfant bien avec son père et cela favorise ma vie sociale et amoureuse, mais ça c’est une autre histoire.

    maman solo jette un oeil sur papa solo #1

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  • Maman solo jette un oeil sur papa solo.

    Premier portait d’une « maman solo » qui vient nous donner sa vision d’un « papa solo ». Comme vous le savez mon envie, mon désir, mon souhait c’est de ne jamais rentrer dans les clivages, les codes, nous définir, les hommes et les femmes, comme des parents, tout simplement. Je voulais remercier Carole, ma fidèle, grâce à qui les portraits prennent corps au sein du blog. Voici le premier témoignage des trois (la suite jeudi et vendredi).

    Rencontre avec Gaëlle, 38 ans (Cherbourg), maman de Lucie 12 ans et Sophie 8 ans.

    père,papa solo,maman solo,séparation,solitude,célibataire,parentalité,parents,enfants,divorce,flolou,leshaker,cyril balayn,sacralisation,mère,shake les daddy's,Gaëlle, si je te demandais de me définir un « papa solo », serait-il totalement différent de toi ?

    Pour moi oui. Je ne vais pas rentrer dans les grandes lignes mais mon parcours de vie ne tisse pas un profil idéal de l’homme. Notre père nous a abandonné (j’avais 9 ans), moi mon frère et ma sœur. Je pense que je suis encore marquée par cet abandon et c’est certainement la cause de ma séparation. Heureusement maman était là, elle, et ce n’était pas facile seule de gérer trois enfants. J’ai tendance à penser qu’un père ne gère pas aussi bien.

    Le père de tes filles est portant lui aussi un « papa solo », il est présent dans la vie des enfants ?

    Il est en couple depuis un bon moment. Notre système de garde est d’un week-end sur deux et moitié des vacances, c’est déjà très suffisant. Il n’est pas très présent, son investissement avec les filles est très léger. Je pense que cette situation l’arrange et que cela lui permet de faire sa vie autrement et avec une certaine liberté.

    Investissement, présence, un week-end sur deux… lui as-tu laissé la place de père véritablement ?

    (Gaëlle ne répondra pas à cette question qu’elle juge trop intime et hors-sujet)

    Au-delà de ton histoire, la présence d’un père pour tes filles reste nécessaire ?

    Au fond oui. Je n’ai pas envie que le lien se coupe. On va dire que le système de garde que je vis c’est déjà bien assez. J’ai tendance à me construire et à éduquer mes filles seule. Le père n’est qu’une option. C’est comme ça.

    Peut-on alors parler de « sacralisation » de la mère ?

    Peut-être oui, l’idée ne me dérange pas.

    Pourtant les « papas solos » sont présents, solidaires, eux aussi connaissent les difficultés que tu vis.

    Certainement. Je n’en connais pas vraiment. Les femmes sont solidaires, les blogs sur les « mamans » j’en connais des tas, on partage nos idées, nos humeurs, nos galères, c’est assez intéressant de voir et de comparer nos difficultés. Je crois que les papas se regardent moins entre eux.

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  • Cyrille De Lasteyrie aka Vinvin en entrevue.

    Comme une évidence. En dehors du web, des émissions à la télé, de l'artiste, je ne connais rien de Cyrille De Lasteyrie. Mais comme une évidence, cet homme déborde de sa parentalité et de son humanité. Je ne pensais pas un seul instant que ce dernier prenne le temps de la lecture (je l'ai invité à découvrir les anciens portraits) et encore moins à me répondre. Et pourtant, Vinvin en entrevue c'est maintenant. Un immense merci à lui. Une dédicace aussi à celle qui m'a insufflé cette idée et qui se reconnaîtra.

    Pour info Cyrille De Lasteyrie joue actuellementt son seul-en-scène, mis en scène par Michèle Laroque du 9 octobre au 3 janvier 2015, à la Comédie des 3 bornes, Paris.

     

    Cyrille De Lasteyrie (Paris),  papa de Pikacha 11 ans et Jean-Zorro 13 ans.

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    J'ai trouvé ces textes touchants, et naturellement je me suis dit que j'avais de la chance de n'être ni divorcé, ni veuf, ni éloigné de mes enfants. Une sorte de Highlander de la paternité dans un monde complexe. J'ai beaucoup aimé leurs témoignages pleins de simplicité et de sincérité. Pour être honnête je crois que les pères ne s'intéressent pas beaucoup aux autres pères... En général nous sommes plutôt attentifs aux regards que posent les mères sur notre présence dans la cour d'école. Peut-être sommes-nous toujours en mode séduction animale, comme des lions dans la meute... Alors les autres lions papas, on trinque avec eux à la fête de l'école mais ça ne va pas beaucoup plus loin.

    Tu es un auteur, tu évolues dans la création, ton rôle de père influence-t-il tes textes, ta liberté, les thèmes que tu abordes ?

    Pas du tout à ce jour. En réalité j'ai établi une frontière de protection entre mon boulot et ma paternité. Peut-être parce que je n'y vois rien d'exceptionnel à raconter pour le moment, mais surtout parce que je les protège. Je ne veux pas qu'ils servent mon travail à leur insu. De manière générale, je suis très prudent, je ne joue pas avec leur identité. Vous noterez d'ailleurs au passage que mes enfants ne s'appellent pas vraiment Jean-Zorro et Pikacha. Là aussi, je les protège...

    Tes enfants, regardent, suivent, le papa Vinvin sur le net ?

    Oui, ils surfent de temps en temps sur mes conneries et se moquent tranquillement de moi quand je rentre. Ils ont l'habitude et ça ne les secoue pas plus que cela. Ils ont davantage été marqués par mon passage à la scène, avec l'idée que des gens se déplacent pour voir leur papa jouer. Là ça prend une autre dimension pour eux. Quand c'est sur écran, c'est de la blague comme Norman ou Cyprien. Quand c'est en vrai, là ça rigole plus...

    Être père, est-ce un rôle que tu as fantasmé plus jeune ?

    Je ne l'ai pas fantasmé du tout. Je m'imaginais juste plus vieux avec des emmerdes. Et je dois dire que je n'ai pas été déçu. Je plaisante... Mais vraiment je n'imaginais rien. c'est tombé comme ça, comme tout le monde, et j'ai appris sur le tas. Je surkiffe être père et je donnerais ma vie pour eux. Point.

    Ton dernier délire, ta dernière folie avec les enfants ?

    On a habillé le clebs avec le maillot du Brésil de Neymar et ça nous a fait marrer. C'est pas non plus un énoooorme délire, mais c'est celui qui me vient. Globalement ce sont eux qui font les fous, moi je suis le papa je suis sérieux. Si.

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  • Les pères et la rentrée #3

    Trois portraits avec des papas "solos". Des pères vivant la rentrée scolaire. Des joies, des peines, des émotions et des différences. Un grand merci aux papas.

    Rencontre avec Luc, 46 ans (Lisieux), papa de Téo 11 ans et Anna 14 ans.

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    On va tenter de rester pudique (ce n’est pas vraiment à la mode en ce moment), mais la mère des enfants est décédée d’une longue maladie. Trois ans déjà. C’est un chaos énorme dans ma vie et celle des enfants. Je respire depuis quelques mois seulement.

    Et cette rentrée ?

    Une bien classique pour ma fille qui commence son année de troisième au collège. Première année dans le même établissement pour mon fils, sixième, une nouvelle école, un nouveau départ, je suis heureux de le voir grandir et « heureux ».

    Tu es un papa attentif dans les leçons, la réussite scolaire ?

    Comme nous tous je pense, ni plus ni moins. Je ne suis pas un adepte du premier de classe, ce n’est pas mon style et pas ma vision des choses. Etrangement au décès de ma femme j’ai eu peur pour l’échec scolaire, nous étions (et moi le premier) dans un chaos permanent, a bien y réfléchir je ne sais pas comme j’ai fait pour sortir la tête de l’eau. J’ai eu la chance d’être particulièrement épaulé par la famille. Comme je disais j’ai eu peur de l’échec mais les enfants se sont réfugiés dans les études. Un moyen d’exorciser la douleur.

    Tu étais présent pour la rentrée au collège de ton fils ?

    Oui moi et ma sœur. Ce n’est pas une substitution mais mes sœurs (j’en ai trois) ont un rôle important depuis le décès de ma femme. Cette présence féminine est importante pour mes enfants finalement. Elle ne comble pas la douleur mais elles sont des femmes et je tente d’y ajouter une forme d’harmonie. L’équipe pédagogique est aussi très à l’écoute de ma fille (puis prochainement de mon fils) avec cette situation. C’est une chance supplémentaire. On n’a pas le choix, il faut avancer, c’est notre devise.

    Entretien téléphonique réalisé le 3 septembre

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  • Les pères et la rentrée #2

    Trois portraits avec des papas "solos". Des pères vivant la rentrée scolaire. Des joies, des peines, des émotions et des différences. Un grand merci aux papas.

    Rencontre avec Christophe, 34 ans (Caen), papa de Juliette 6 ans.

    être père,papa solo,célibataire,rentrée scolaire,école,séparation,divorce,papa,père,flolou,leshaker,cyril balayn,être père,cartable,parentalité,C’est une première cette rentrée ?

    Oui première rentrée de ma fille en CP, et première fois en mode séparation. Ce n’est pas le top comme sensation mais y’a pire. On se retrouve confronté à la réalité de notre séparation, moi d’un côté et elle de l’autre, l’idée étant d’être là pour notre fille c’est le plus important. J’ai eu tendance à me mettre en retrait la maman connaissant assez bien l’école et les mamans. Du coin de l’œil j’étais là et encore une fois c’est bien le plus important.

    Etre en retrait, comment ça ?

    Tu sais dans une école tu croises les regards. Nous nous sommes séparés en début d’année de fin de maternelle, la plupart des parents connaissent la maman. Alors c’est peut être moi mais j’ai toujours l’impression que le dogme de la séparation c’est l’homme qui le porte, alors que c’est elle qui m’a quitté. Je ne suis pas parano je n’avais pas envie d’en parler ou qu’une éventuelle question vienne à moi. C’est surement de la connerie en tout cas je l’ai vécu ainsi. Encore une fois ce n’est pas bien grave.

    La question ne se posait pas sur ta présence lors de cette rentrée ?

    Alors là pas du tout. J’ai croisé aussi des gens en séparation, à la limite la rentrée scolaire c’est peut-être le moment ou « justement » les gens mettent de côté les rancœurs et les colères et partagent un véritable moment. Ma présence était logique et nécessaire pour le coup. Puis notre fille était très heureuse de nous avoir tous les deux.

    Bilan de cette journée ?

    J’ai eu ma fille au téléphone, la maitresse est sympa (pour l’instant). J’irais la récupérer vendredi à la sortie. J’aime bien aussi l’idée de m’y rendre seul, plus simple pour croiser les regards et prendre possession des lieux. C’est ma première rentrée en étant séparé. Je crois que j’ai besoin de prendre mes marques, mon discours sera certainement diffèrent l’année prochaine. Plus positif certainement.

    entretien téléphonique réalisé le mardi 2 septembre

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  • Les pères et la rentrée #1

    Trois portraits avec des papas "solos". Des pères vivant la rentrée scolaire. Des joies, des peines, des émotions et des différences. Un grand merci aux papas.

    Rencontre avec David, 38 ans (Rennes), papa de Laura 11 ans.

    être père,papa,solitude,rentrée scolaire,collège,leshaker,shake les daddy's,flolou,cyril balayn,papa solo,parentalité,scolarité,rentrée 2014,rentrée scolaire 2014,établissement,solo,Elle est comment cette rentrée 2014 pour Laura ? (première année au collège)

    En demi-teinte même si j’ai conscience que les choses vont bien. Je suis loin malheureusement il m’est parfaitement impossible de me rendre à ce rendez-vous important dans la vie de ma fille. Alors on y pense de loin, on imagine puis on se focalise sur l’appel du soir et se rassurer.

    Comment ta fille vit cette absence pour cette rentrée au collège ?

    Je crois que malheureusement elle s’est construite une carapace et elle sait que papa n’est pas dans la vie du quotidien. Si je lui demande si elle souhaitait ma présence elle répondra que non, car elle sait très bien que je ne peux pas venir, mais au fond si elle pouvait changer les choses ma présence lui serait necessaire.

    Le telephone remplace cette absence ?

    Bonne question. Il ne remplace pas, il comble, il rassure. Il met des mots sur l’imagination de la journée, les copains, les profs, la cantine, la petite annecdote de la journée. Il permet surtout d’entendre une voix et de savoir si tout va bien (ou presque).

    Au fond, c’est une mauvaise journée cette rentrée ?

    Oui dans un sens. Avec le temps on ne s’habitue pas mais j’évite de me faire mal pour rien. Par exemple j’évite totalement les réseaux sociaux, Facebook notamment. La journée va pulluler de photos des enfants avec le cartable sur le dos, des départs vers l’école, du goûter du soir après l’école. Je comprends, mais pour le coup je ne suis pas dans l’action de cette journée et c’est super difficile à vivre.

    Tu me disais pourtant que des photos de ta fille et de cette rentrée sont sur le Facebook de la maman avec qui tu discutes.

    Oui mais c’est trop difficile. Je me dis que voir cette petite bouille et son cartable alors que je ne suis pas à côté je ne pourrais pas le supporter. En général en fin de semaine, ou la semaine prochaine j’irais cliquer sur les photos quand l’odeur de cette rentrée sera définitivement passée. Avec le temps je me connais bien et je sais qu’il faut éviter des choses pour ne pas être mal. Alors je me protège.

    entretien réalisé au téléphone le mardi 2 septembre 2014.

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  • Être père #10

    Dernier opus de cette série. J’ai décidé de revenir vers eux, les papas, chacun venant me poser une question au choix.

    rewind.jpgDominique #1 – Il est comment leshaker papa, il est comme nous ?

    Ni pire ni meilleur. C’est toujours complexe de se définir, la vision de la parentalité est toujours subjective. J’étais rempli de fantasme plus jeune, puis à l’aube de le devenir (père) on compose, on se lance dans une aventure nouvelle. J’ai eu tendance à me retrouver dans ton entrevue que nous avions réalisé en mars dernier.

    Thierry #2 – Comment expliquer les messages me concernant ?

    Pour situer j’ai eu des messages doutant de ta sincérité, souhaitant avoir la parole de la mère… je ne peux que comprendre cette motivation. Mais cette rubrique se sont juste vos propos, vos émotions, votre transpiration face à une situation difficile. Je ne suis ni juge ni partie, jamais je n’ai douté de votre sincérité à tous. Notre rencontre est aussi très atypique (je l’avais déjà écrite ici). Ton entrevue est juste un témoignage, des mots sur un moment de vie.

    Vincent #3 – Au tout départ je ne voulais pas participer, puis au fil du temps tu as fini par trouver les mots pour me motiver. Ce qui me frappe le plus c’est ton énergie à venir nous donner la parole.

    C’est un thème, un débat qui me passionne. J’ai aussi conscience de ne rien apporter de plus même si je trouve la parole des pères absentes du numérique. Il fait aussi référence à ma propre existence, je suis un homme qui ne connais pas son père, qui n’a de lui que de très belles lettres, que des traces à la plume… indirectement vos mots, vos propos sont pour moi autant de voix que je n’ai pas entendu petit.

    Yves #4 – je voulais juste te dire merci. Je suis touché par les témoignages des papas. C’est une très belle idée de ta part.

    … (Touché).

    Christian #5 – C’est de tenir ton blog qui donne cette énergie que tu as à parler de la parentalité ?

    C’est un espace de création c’est une évidence. Le blog permet cette ouverture, mettre en ligne des idées et d’en garder des traces. Si on remonte vraiment dans le temps, j’étais plus jeune un grand lecteur de Paul Auster. Chez lui résonnait cette quête de la recherche d’identité à la lecture de ses nombreux romans. A l’époque je n’avais pas d’ordinateur et encore moins d’internet !

    Lionel #6 – Comment nous avoir sélectionné ?

    J’ai eu environ 40 participants. Votre réactivité, votre facilité à parler de vous et d’y ajouter les mots, votre pudeur sont les atouts de votre participation. Il me fallait aussi des témoignages qui puissent avoir de l’écho chez les lecteurs (et les papas solos) évidement.

    Luc #7 – En relisant les témoignages je me disais qu’il faut une certaine sensibilité féminine pour nous motiver à répondre et pour constituer les entrevues. Je me trompe ?

    Pas tant que ça. Enfin je ne sais pas. Peut-être. J’ai depuis longtemps accepté ma part de féminité, et c’est d’une grande légèreté. Il m’arrive même d’en jouer. Je n’aime pas les codes, je n’aime pas les clivages. Nous sommes tous des humains avec des visions différentes, mais nous sommes tous des parents. Ne l’oublions pas.

    Guillaume #8 – T’as des projets, des nouvelles idées ?

    J’ai surtout dans l’idée de parler encore de ce thème. Il m’arrive de dialoguer avec les lecteurs afin de connaître le ressenti face à cette rubrique. On y reviendra mais différemment. J’ai eu le plaisir de vous rencontrer tous et c’est déjà un grand plaisir… le reste.

    Sylvain #9 – On est tous des papas. Tous fiers de nos enfants. Ton plus grand plaisir avec ta fille, Lou ?

    La voir contempler et regarder dans la même direction. La voir évoluer et me faire rire, l’entendre me raconter sa vie. La voir prendre de la distance. La sentir et capter son souffle. Comme vous, comme nous tous…

    Un grand merci à nos papas. 

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  • Être père #9

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Face à l’actualité j’ai décidé de revenir vers un papa que je devais vous présenter pour cet avant-dernier opus. Encore merci à lui pour ce changement et cette entrevue (au téléphone) et à l’arrache… mais intéressante.

    Sylvain 41 ans (Cherbourg), papa de Camille 9 ans et Charlotte 14 ans.

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    Oui je récupère les filles le vendredi soir pour une semaine. Nous sommes en garde alternée, nous habitons à environ 15 km de distance c’est assez facile pour l’organisation. J’ai donc fait mon devoir civique dimanche, sans véritable motivation malheureusement comme nombreux je pense.

    Sans véritable motivation… ?

    Oui. Dans mon monde idéal et utopique j’aimerais que le vote blanc devienne un véritable parti politique, un courant de pensée. Nous sommes nombreux à le penser, toi aussi tu me l’as avoué.

    On parle politique à la maison, avec les enfants ?

    J’en parle bien plus avec Camille que Charlotte. Du haut de ses 14 ans le sujet n’est pas toujours simple à aborder à la maison. Je suppose qu’elle en parle avec les copains et les copines. Quand je regarde les émissions politique Camille jette souvent un regard. Elle me demande souvent pourquoi les gens s’insultent, parlent très fort, ne s’écoutent pas ? Pas toujours simple de lui apporter des réponses. Y’a des efforts à faire sur le sujet. J’ai bien peur que la jeunesse finisse par penser qu’il est normal et logique de se parler ainsi. Enfin c’est pas le propos…

    Parler politique c’est aussi sensibiliser le sens civique et le devoir de voter. Elles prennent conscience de ce droit, et de cette liberté ?

    Franchement je ne pense pas. Dans le foyer de la maman je sais qu’on n’en parle pas, mon ex-femme ne vote pas, elle à une image très négative de la politique et DES politiques. Les filles doivent sentir mon manque de motivation car il m’arrive d’en parler au téléphone avec des potes et les conversations s’échappent dans les oreilles. Charlotte trouve que c’est des blablas, que c’est toujours pareil les discussions, et elle ouvre les yeux sur les affaires et les corruptions. Comment lui expliquer ?

    Ce racisme que vit la France actuellement, ta fille Charlotte en prend la mesure ?

    Il lui arrive d’en parler. En prendre la mesure je ne pense pas. Actuellement son Facebook s’enflamme, ils décident de tous se mobiliser pour un gros « fuck » au FN. Ça passe aussi comme ça l’engagement maintenant. C’est plutôt sain. En te répondant j’étais en train de me demander si le débat ne serait pas plus ouvert à la maison si j’étais en couple. Nous pourrions plus facilement confronter les idées. On va dire que j’ai pas pris la mesure de mon vote, mais celle de ma séparation bien plus.

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  • Être père #8

    Le mardi au sein de cette rubrique vous allez découvrir dix portraits de pères. Des gens différents, des situations différentes, des galères, des joies, des concessions et du bonheur aussi. Merci à eux.

    Rencontre avec Guillaume, 20 ans (Evreux), papa de Lino 1 an.

    être père,papa solo,jeune père,jeune papa,papa,leshaker,flolou,papa solo,parent,séparation,être père,cyril balayn,papa,solitude,divorce,juge,magistrat,foyer,enfance,Un enfant à 19 ans c’est un choc dans la vie du jeune homme que tu es. Tu le vis comment ?

    Ma copine a décidé de le garder, moi j’en savais rien, c’est elle qui décide. Ma famille n’était pas d’accord et de son côté non plus. Elle chez sa mère mais c’est pas la joie. Dernièrement y’a eu une grosse dispute ma copine est chez une pote à elle en ce moment.

    Tu es toujours avec la maman de Lino ?

    Non plus maintenant. On s’est quitté quand j’ai appris la grossesse. Moi je savais pas trop quoi décider mais je voulais pas du petit. C’est elle qui décide de toute façon.

    C’est quoi être un père pour toi ?

    (silence)… j’en sais rien. Moi tu sais j’ai galéré, ma mère elle buvait et mon père il était pas souvent là. Il passait à la maison de temps en temps, ma mère elle ne le supportait pas. Ils s’engueulaient tous les jours. On a grandi moi et mon frère dans le bruit et le bordel. Mon frangin il a assuré, il est plus vieux (25 ans), il bosse dans le bâtiment, il a deux enfants et une petite femme sympa. C’est mon modèle. Un père c’est mon frère finalement. Je l’écoute.

    Tu vois ton fils  régulièrement ? Tu t’occupes de lui ?

    Ouais je le vois une fois par semaine avec la maman quelques heures mais je m’en occupe pas. C’est pas facile j’habite chez ma mère alors pour m’en occuper c’est la merde. J’aimerais bien trouver un emploi fixe et m’occuper du petit. Mon frère me dit qu’il faut que je m’en occupe et que je vienne le voir régulièrement. Mais il est petit j’ai l’impression qu’il s’en fou. Il veut être dans les bras de sa mère tous le temps.

    C’est quoi ton programme tout de suite ?

    Je vais voir la mère de mon fils. On va passer quelques heures ensemble. En général on se balade au parc, elle me fait tenir Lino dans les bras mais j’aime pas trop j’ai peur de le faire tomber. On se promène avec la poussette. La mère de Lino  elle a 19 ans mais les filles mais elle assure grave. C’est une bonne mère. Au moins y’a rien à regretter. De temps en temps j’aimerais bien avoir le petit avec moi rien que nous deux. Mais sa mère elle veut pas trop. On verra plus tard. Je sais pas trop si je suis prêt.

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