Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Shake un instant dans la vie.

  • Un instant dans la vie #3.

    leshaker,instant,vie,economie,tournant,expansion,entreprise,tee-shirt,sérigraphie,Nous devions être en 1995. A cette époque j’avais 23 ans, des cheveux frisés, et j’étais mince. J’étais étudiant, je n’en foutais pas une et pourtant le Deug de socio c’etait très intéressant. Je préférais me perdre dans mes rêves, mes copains, mes projets, mes envies. Nous étions un groupe, une association, nous n’arrêtions jamais de lancer des projets artistiques (festival, tournage, organisation de concerts…) nous aimions ça, la synergie était forte avec ce groupe.

    A force de collaboration avec diverses personnes nous nous étions tournés vers la sérigraphie, le design, nous avions même testé de l’impression sur des tee-shirts. Puis un jour une rencontre avec des professionnels du « textile », une envie pour cette jeune entreprise de collaborer avec nous au travers du design, de la sérigraphie, et de l’évènementiel. Un rendez-vous important, je crois que nous savions. J’y suis allé avec lui, mon pote de toujours, le noyau dur. Deux entrepreneurs en pleine expansion, et juste en face, nous deux. Les deux gamins.

    C’était en 1995. Mes souvenirs s’effacent. Nous n’avons jamais donné suite et je me souviens plus de la raison. Mais une chose subsiste en moi (et c’est bien pour cette raison que je l’écris ici), c’est que nous pouvions prendre un tournant dans nos vies ce jour-là. Même si le projet n’aurait pas fonctionné, même si cette collaboration pouvait ne pas perdurer, même si… nous avons prouvé notre imaturité, notre fossé entre nos désirs, nos délires et nos envies, et le manque de discernement économique.

    Il y a toujours des moments dans la vie ou il faut anticiper le virage. J’ai continué tout droit, et pourtant je ne regrette rien.

    #photo coupure Ouest-france 1994 #rectif j'avais déjà pas de cheveux

    Lien permanent Catégories : Shake un instant dans la vie. 2 commentaires
  • Un instant dans la vie #2.

    leshaker,new york,voyage,découverte,lox around the clock,big apple,adolescence,voyager,touristes,taxi jaune,La musique de groupe Téléphone résonne encore « Un jour j’irais à New York avec toi - Toutes les nuits déconner - Et voir aucun film en entier, ça va d'soi - Avoir la vie partagée, tailladée - Bercés par le ronron de l'air conditionné - Dormir dans un hôtel délatté… », le poster de Manhattan avec le World Trade qui domine la ville. Puis ce sentiment de lointain, d’horizon, de rêve et de fantasme américain, le désir de partir là-bas juste une fois, juste pour voir, pour sentir, différemment qu’au travers des films et des reportages.

    Nous avons 19 ans. Débarquement, première émotion, utilisation de notre anglais d’écolier, direction le taxi, le jaune comme dans les films, le même que Coluche dans Banzaï. Le gars va nous poser la question fatale « First time in New York ? » et nous comme deux cons nous allons donner la réponse qui permet de balader deux jeunes touristes dans la ville, un voyage qui nous prendra 45 minutes et que nous referons l’année suivant en 15 minutes en répondant un « NON » salvateur.

    Auberge de jeunesse. Le taxi ne voudra pas nous déposer dans cette rue. Welcome to New York. L’auberge de jeunesse est un lieu formidable, j’ai des souvenirs par dizaine, cette mamie de 70 ans voyageant seule pour la première fois et désirant découvrir le nouveau monde, le type en costard cravate qui bosse à l’ONU (un étudiant), le couple qui traverse les Etats Unis le plus vite possible… et les souvenirs qui disparaissent.

    Nous deux au milieu de cette ville. 15 jours à découvrir. Cette destination va nous marquer. Souvenir ému  du World Trade, j’ai gardé en mémoire depuis le drame l’image des gens qui travaillaient la haut, de la fille qui nous servait nos glaces (je ne sais pas pourquoi !). Puis le reste, trop long de venir énumérer les souvenirs, mais j’étais bien, nous étions bien, en résonnance la voix de Jean Louis Aubert qui avait bercé mon adolescence.

    J’ai mis les pieds deux fois à New York. La prochaine fois se sera avec ma fille. On ira dormir chez ma copine Cindy que je vois rarement et qui vit là-bas depuis 8 ans déjà.

    Les yeux de ma fille seront les miens de l’époque, j’ai hâte de me plonger dans son regard.

    *photo dodo à kennedy Airport...

    Lien permanent Catégories : Shake un instant dans la vie. 5 commentaires
  • Un instant dans la vie #1.

    souvenir,naissance,vie,prouesse,monitoring,accoucher,père,le rôle du père,naître,leshaker,un instant de vie,sage femme,Je me souviens… nous étions le 7 février 2003. L’heure du journal télévisé devait résonner. Elle n’avait pas le temps de recevoir la piqure, celle de la délivrance, 38 de fièvre ne pardonne pas. J’avais la main dans la sienne, je ne l’ai pas lâché je crois. J’observais avec toute l’impuissance du père que j’allais devenir la prouesse du corps féminin. Le temps d’angoisser face au rythme du monitoring qui vient t’annoncer la prochaine contraction. Tu souffles aussi. Tu es un homme mais au plus profond de toi tu vas vivre l’accouchement dans tes émotions.

    L’impuissance qui règne. La confiance du corps médical. J’ai toujours gardé une pensée émue pour l’étudiante sage-femme qui est restée avec nous du début à la fin. Les mots, la sagesse, le temps de masser la mère de ma « future » fille, c’est un beau métier qui se dessine devant moi. Le lendemain matin j’ai même eu la chance de la croiser, lui dire juste… merci.

    Puis la tête. Très vite, si vite, trop vite, tout va bien, le moment absurde ou tu comptes les bras et les jambes, tout va bien. Je lui lâche la main.

    Ma fille devant mes yeux, le temps de lui donner les premiers soins, l’impuissance encore, j’assiste à la scène. Puis si vite me retrouver assis sur cette chaise, elle dans mes bras, ma fille, celle qui dans quelques temps prendra le temps de m’appeler papa, un mot qui résonne moi qui en connait pas le mien. Un nouveau rôle, sans repère pour moi. Je suis bien, nous sommes tous les trois. Il fait chaud, la pièce est enveloppée de calme.

    Le 7 février 2003 à 20h02, mon destin croise celui d’une petite gonzesse qui dort dans mes bras. A jamais.

    Lien permanent Catégories : Shake un instant dans la vie. 0 commentaire