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bruit

  • J'ai décidé de ne pas m'y faire.

    départ,solitude,loin,papa solo, maman solo,parentalité,père,mère,divorce,séparation,silence,le silence,bruit,anticiper,flolou,leshaker,cyril balayn,Il y a ceux qui aiment le silence et ceux que cela angoissent. Il y a ces moments ou pour réfléchir, prendre ton temps et faire le point tu as besoin d’un silence profond, long et puissant. Il y a ces moments ou pour te sentir vibrer et palpiter tu as besoin du son dans tes oreilles, puissant lui aussi. Cet instant où tu laisses guider tes rêves ou l’instant suffit à te donner de l’énergie et l’envie de continuer. Il y a aussi des silences que tu combles en parlant seul, pour donner du relief a une solitude. Il y a aussi le bruit autour de toi que tu n’entends plus vraiment, c’est un vacarme, un chaos.

    Puis il a le silence. Le silence. Celui qui t’échappe et que tu ne peux pas combattre. Tu as conscience qu’il va venir te ronger alors tu commences à ranger autour de toi, tu évites de faire traîner des jouets, des livres et même une assiette ou un bol. Tu effaces les traces d’un passage. Ce n’est pas pour oublier, c’est pour éviter que le silence ne soit trop fort une fois de plus. Avec le temps tu ne t’habitues pas à ce départ spontané, tu ne t’habitues pas à perdre ce rire et cette joie qui était si proche de toi. On ne s’habitue jamais. On compose et on anticipe tout simplement.

    Quand elle part pour revenir très vite je range. Je n’oublie rien même les plus petits détails, pourtant je sais que quand je franchirais la porte juste après son départ un vent de solitude va venir souffler sur les murs. Je m’occupe, je bouge, je tente d’éviter de penser. Avec le temps ont fini par se connaître et on fait face à ce silence. J’ai décidé de ne jamais m’y faire, j’ai décidé de ne jamais dire que je m’habitue. Les papas, les mamans, solos ou pas on ne fait que composer, qu’anticiper. Rien de plus.

    Et on est heureux. Et ce silence en question on l’emmerde.

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  • Retour sur... Le bruit des clés.

    Le samedi c'est "Retour sur..." une note mais il y a un an. Il me fallait piocher dans une note du 29 au 4 juin 2010.

    Durant cette semaine j'ai découvert un son super sympa, ma fille avait eu une super idée pour stopper une fuite de pétrole, et je parlais de l'amitié entre un homme et une femme. Mon choix s'arrête sur une note du 2 juin 2010, sur une expérience que je garde en moi et que je ne regrette pas du tout sur le plan humain. La note d'origine.

     

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    J'ai connu la prison. Il y a environ une bonne dizaine d'années. Etrangement c'était au quartier des femmes  de la prison de la ville ou je vivais à l'époque, à Caen.  Une expérience que je n'oublierais jamais.

    Je n'étais qu'un simple intervenant,  le mercredi, durant deux mois. J'ai eu l'opportunité d'accéder à cette enceinte grâce à Stéphanie (une amie) qui travaillait dans l'administration pénitentiaire.  Mon rôle consistait à écrire un scénario avec les femmes qui le souhaitaient, pour « éventuellement » un jour réussir à le tourner (mais nous savions que ce projet à ce stade était irréalisable).

    Immersion complète d'une seconde sur l'autre dans l'univers carcéral.  Juste le temps de me présenter le personnel, de me diriger rapidement vers le quartier des femmes, de rentrer dans une pièce assez grande avec des tables et des chaises, puis d'attendre. Bien avant j'avais signé une décharge de l'administration si à tout hasard il devait m'arriver malheur.

    Les détenus arrivent. Elles se placent. Je me présente, je ne sais pas si je dois les laisser se présenter. Elles me donnent des prénoms que je ne vais pas retenir. Rapidement je présente le projet, mes envies, ma motivation, je trouve les mots assez facilement. De temps en temps toutes les minutes (un peu moins peut-être) une des surveillantes regarde par l'œilleton de la porte. Ma première surprise c'est le nombre des participantes (j'ai oublié combien sont les détenues, mais elles sont bien une dizaine avec moi). Je vais vite comprendre que pour certaines ce n'est pas le projet, mais la possibilité de pouvoir s'extraire de la cellule quelques heures. J'ai 1h30 d'intervention.

    Et puis je fais la boulette, une bonne  grosse boulette de débutant. A la fin je dis aux filles que la semaine prochaine nous allons commencer à écrire le scénario. Quand je reviendrais la semaine suivante mon groupe sera de moitié car la plupart ont eu peur, car elles ne savent ni lire ni écrire. C'est con et je le regrette encore, j'ai été stupide.

    Puis le mercredi défilent. Les filles me racontent les histoires, les douleurs, la vie, la détention, les surveillants, la prison,  le travail en prison... . A la fin je connais toutes les histoires et je sais en partie les raisons de la détention. Une d'elle va me laisser un souvenir assez inoubliable, Gisèle L., mon amie m'avait prévenu, une femme assez charismatique, très belle, envoûtante et une magouilleuse de première (pas le temps de te raconter son histoire il me faudrait un blog entier). Gisèle va contribuer énormément  au scénario, elle va m'écrire des lettres aussi. Je vais découvrir dans ses écrits une autre version de son histoire, de sa détention. Elle me raconte son plaisir lors de ses déplacements avec la police pour se rendre au tribunal. Elle me raconte que certains très sympas avant de se diriger tout de suite vers ce dernier profite de l'occasion pour lui montrer la mer, juste le temps de quelques minutes. Je vais lire les lettres de Gisèle le soir chez moi. Quand je rentre dans l'enceinte je suis surveillé à mort, je passe sous le détecteur, ma chemise qui contient les feuilles du scénario est ouverte. A l'inverse quand je quitte la prison, plus rien, pas un gardien, juste celui qui m'ouvre la grande porte vers la sortie. La première fois je n'avais pas vu que Gisèle avait glissé des écrits dans ma pochette. Puis j'ai laissé faire.

    A terme un scénario est écrit, le contrat est rempli. L'histoire reste très simple, elles vont l'intituler « le bruit des clés ». Ce bruit des clés des surveillants qu'elles ne supportent plus. Hier soir je suis tombé sur ce manuscrit et j'ai eu envie de vous faire partager cette expérience. La prison c'est un endroit difficile. Je le sais, je l'ai vu, et comme souvent quand je rencontre des gens me dirent que la prison c'est les vacances ça me donne envie d'ouvrir ma gueule. J'ai le souvenir quand je quitte l'établissement  de ne pas rentrer chez moi directement, en général je me promenais dans les rues de Caen un bon moment car c'est terriblement oppressant  la prison, une  véritable sensation d'enfermement à grande échelle. Je garderais à vie je pense cette expérience en moi, et souvent je pense aux filles que j'ai rencontré car je sais que certaines sont encore en prison.

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  • Le bruit des clés.

    prison.gif

    J'ai connu la prison. Il y a environ une bonne dizaine d'années. Etrangement c'était au quartier des femmes  de la prison de la ville ou je vivais à l'époque, à Caen.  Une expérience que je n'oublierais jamais.

    Je n'étais qu'un simple intervenant. J'ai eu l'opportunité d'accéder à cette enceinte grâce à Stéphanie (une amie) qui travaillait dans l'administration pénitentiaire.  Mon rôle consistait à écrire un scénario avec les femmes qui le souhaitaient, pour « éventuellement » un jour réussir à le tourner (mais nous savions que ce projet à ce stade était irréalisable).

    Immersion complète d'une seconde sur l'autre dans l'univers carcéral.  Juste le temps de me présenter le personnel, de me diriger rapidement vers le quartier des femmes, de rentrer dans une pièce assez grande avec des tables et des chaises, puis d'attendre. Bien avant j'avais signé une décharge de l'administration si à tout hasard il devait m'arriver malheur.

    Les détenus arrivent. Elles se placent. Je me présente, je ne sais pas si je dois les laisser se présenter. Elles me donnent des prénoms que je ne vais pas retenir. Rapidement je présente le projet, mes envies, ma motivation, je trouve les mots assez facilement. De temps en temps toutes les minutes (un peu moins peut-être) une des surveillantes regarde par l'œilleton de la porte. Ma première surprise c'est le nombre des participantes (j'ai oublié combien sont les détenues, mais elles sont bien une dizaine avec moi). Je vais vite comprendre que pour certaines ce n'est pas le projet, mais la possibilité de pouvoir s'extraire de la cellule quelques heures. J'ai 1h30 d'intervention.

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