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gpa

  • Je ne t'embrasse pas.

    Retour sur une note écrite le 26 mars 2013. En ce jour de manifestation elle reste dans l'actualité. Encore. Malheureusement.

    manif pour tous,gpa,famille,droit de la famille,égalité,homo,parentalité,retour sur,droit des femmes,leshaker,flolou,cyril balayn,enfants,famille et patrie,bite dans le cul,Papa, maman, il est temps je crois de vous écrire, séparément bien évidement car ne vivez plus ensemble. C’était bien la peine de me faire venir dans votre manif « familiale ». Je suis grand maintenant, j’ai toujours caché ce dégoût que j’avais lors de cette journée du dimanche 24 mars. Je m’en souviens très bien, ce matin-là je devais passer la journée chez mon cousin Antoine, jouer, rire, faire des bêtises dans le jardin (il devait pleuvoir), mais papa a préféré m’emmener avec lui dans cette mascarade dont je me fichais éperdument. J’ai voulu prendre avec moi mon Action Joe mais papa a dit non.

    C’était pas vraiment marrant cette journée, les gens, la foule, je ne comprenais pas grand-chose, papa m’a expliqué que l’homme et la femme c’est fait pour faire des enfants et que la famille c’est un père et une mère et rien d’autre bordel de merde ! T’as l’air fin aujourd’hui le daron au fin fond de ton appart à te lamenter sur l’absence de maman qui est partie vivre sa vie avec son amant, tu sais celui avec qui elle vivait une liaison depuis plus de 5 ans. Je suis dur, mais toi, tu étais pire ce dimanche 24 mars.

    Tu me diras que ce n’est pas pire que mon copain d’école, Nicolas, lui un autre jour et de l’autre côté de la barrière avec le mariage pour tous, à qui on a collé une pancarte dans les mains, faut dire qu’il a bien rigolé, à huit ans, "bite dans le cul..." écrit sur une pancarte c’est toujours marrant… ou pas. Il s’en souvient bien, comme moi de cette période, de notre « engagement », de la diffusion de nos images. Pauvre Nicolas, je pense à lui encore. Putain huit ans. 

    Puis la foule, les gens, les flics, le bordel, l’agitation. Aujourd’hui en étant plus grand je me dis que le monde serait meilleur si tu avais mis plus d’énergie à sortir dans la rue défendre les fermetures d’usines, les salauds qui font que j’ai plus de boulot en ce moment. T’as des bonnes raisons, t’as voulu faire de moi un bon hétérosexuel, me conformer à cette bonne vieille culture judéo-chrétienne qui me fait bien gerber aujourd’hui.

    Je ne t’embrasse pas, maman non plus qui n’a rien dit quand nous sommes rentrés et que j’ai pleuré dans ma chambre. C’est la famille. A moi de construire la mienne, dans l’amour, le partage, le désir et les échanges avec l’esprit ouvert… rien que des mots que vous ne connaissez pas.

    Source.

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  • Lettre ouverte à mon symbole #3

    Je voulais te parler de ces jeunes que j’ai croisé dans les couloirs du métro dimanche dernier. Du drapeau avec maman-papa et l’enfant dessus. Des jeunes, 20 ans certainement, peut-être moins, l’âge de l’insouciance, l’âge où l’on pense que tout est possible, l’âge ou la découverte doit être une raison de vivre. Combien sont-ils ces jeunes à lever le bras pour manifester contre le mariage pour tous ? Combien ? Combien ? Sont-ils aussi nombreux que les images dans le téléviseur ?  Ont-ils conscience du geste ? Ils viennent crier la haine contre cette loi à grande explication de PMA et de GPA, rien que du Blablas…

    Ils n’y connaissent rien, ils brandissent des pancartes, ils crient et hurlent sans discours, ils ne sont rien, juste de la chair fraîche pour nos zombies politique. Alors ils sont dans la rue. 100 000 ou 1 000 000. Entre les deux mon cœur balance. 72% des français considèrent que les manifestations devraient s’arrêter. Alors combien ? J’en vois dans les couloirs du métro, ils sont bien là, les enfants, la famille, c’est tellement plus rassurant de ne pas donner les droits aux homos, c’est tellement rassurant de rester dans ce cocon de vie de famille, surtout ne pas regarder, ne pas voir, les œillères ne sont pas destinées qu’aux chevaux.

    Je voulais te parler de la diffusion du premier mariage homosexuel à la télévision. A en croire la timeline de Twitter il faut croire que c’est symbolique. C’est en effet le cas. Mais j’ai comme un goût amer de cette diffusion comme une vulgaire télé-réalité. A force de transparence les images doivent parler, le peuple ne va pas le croire sinon, mais pourtant cette loi, elle est bien votée, elle est bien là, j’ai pas rêvé, n’en parlons plus. Il faut des images, donner de la fiction à l’intime. Je suis en accord avec cette idée, celle loi, le mariage pour tous (c’est drôle d’ailleurs de voir ce déferlement autour du mariage alors que des milliers de gens viennent s’en lamenter après, bref…), j’espère juste que le déballage médiatique ne va pas encore plus stigmatiser cette loi républicaine. Décidément notre société ne sera jamais en paix, et les hommes n’ont plus.

    Je voulais te dire que j’aimerais aussi une loi qui puisse raisonnablement faire fermer la gueule de certains et les condamner violement, et qu’on cesse de me répondre que c’est la règle de la démocratie… Je te laisse avec cette vidéo ou tout est résumé je crois.

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